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Le changement des rapports de propriété au Tibet (1)

    Date:08-14-2009   Source:tibet328.cn

 

Je suis né dans une famille de serfs du village de Lamu, dans le district de Dazi. Ma mère m'a dit que mon père et elle apparténaient à deux propriétaires différents. Mon pere était serf du monastère de Sangang dans le district de Dazi, alors que ma mère et ses parents étaient serfs des aristocrates du village de Lamu. lis se sont installés au village Lamu après leur mariage, mais mon père dévait aller chaque année au monastère de Sangang, à 20 kilomètres du village, assurer les services de corvée. N'ayant aucune terre, ma famille vivait d'un peu de zanba que gagnait ma mère en gardant les moutons pour le manoir du village de Lamu et d'argent que gagnait mon père en faisant de la couture le matin et le soir. Quelques années plus tard, comme la vie devenait de plus en plus difficile pour ma famille au fur et à mesure qu'elle s'agrandis-sait, elle a demandé au propriétaire du manoir de nous louer quelques ke(1 ke = 1/15 d'hectare) de terre. Finalement, ma famille a pu louer quatre ke de terre, mais où pouvait-on trouver les semences? Mon père a fini par emprunter 4 /re(1 ke = 14 kg) de semences au monastère de Gandan par l'intermédiaire d'un ami.


Ma mère se rappelait qu'ils croyaient que tout irait bien, mais la charge devenait de plus en plus lourde. A cause des mauvaises conditions de production et de la sécheresse, un ke de terre ne produisait que 75 kg de grain. Malgré cela, nous avions tout de même un petit revenu. Mais nous qui ne savions pas lire comment pouvions-nous savoir que les 4 ke de semences empruntées étaient un prêt usuraire, et que quelques années plus tard il nous faudrait en rembourser jusqu' à 80 ke.


L'intendant du monastère de Gandan venait nous réclamer les dettes à chaque récolte. Une fois décortiques, les grains étaient emportés, comme le dit une ballade tibétaine: «les moissons terminées, le zanba est perdu».


Pendant la réforme démocratique, un des membres d'une équipe de travail s'occupant des problèmes des dettes du monastère a dit à ma mère: «Ce que vous devez au monastère représentente 250 ke; s'il n'y avait pas eu la libération, vos dettes se seraient multipliées, mais désormais, vous n'avez plus rien a payer». Ma mère fut si contente que, ne sachant quoi dire, elle s'agenouilla devant les membres de l'équipe et se prosterna comme elle l'aurait fait devant les bouddhas.
Le cas de ma famille n'est qu'un exemple dans l'histoire du développement du Tibet. Avec le changement de système social, les rapports de propriété au Tibet ont connu un changement immense.


Dans cet article, je vais présenter ce changement à partir des documents et de ce que j'ai personnellement vécu.

 

 

Vue des bidonvilles de l'ancien Lhasa

 

Sous le servage féodal, la possession des richesses matérielles, y compris tous les moyens de production (par exemple, les outils de travail, les matériaux, les produits de consommation) et des ressources naturelles destinées a la production (la terre, les mines, les forêts) appartenaient à des propriétaires féodaux qui pratiquaient le servage. C'était un système d'exploitation féodale basé sur la propriété des domaines seigneuriaux et la dépendance personnelle des serfs vis-à-vis de ces derniers.


Du Xllle siècle où s'est formé le servage feodal jusqu'à la réforme démocratique au Tibet en 1959, les biens du Tibet étaient pour la plupart concentrés entre les mains des propriétaires de domaines, qui représentaient moins de 5% de la population du Tibet. Les serfs, qui représentaient 95% de la population tibétaine, appartenaient aux propriétaires à titre de proprtété privée.

 


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