
Le 2 Janvier 1950, le président Mao Zedong et la Commission militaire du Comité central du PCC décidèrent d'avancer vers le Tibet et de le libérer. Cette tâche incomba à la 2e armée de campagne, et la 1re armée de campagne devait la seconder. Selon le plan d'opération approuvé par la Commission militaire centrale, le 18e corps d'armée relevant de la 2e armée de campagne devrait avancer vers Test et le centre du Tibet via les provinces du Sichuan et du Xikang ; et les autres troupes, vers le nord-ouest et le sud-est du Tibet, partant du Xinjiang, du Qinghai et du Yunnan. Dans la deuxième décade de Janvier, le commandant de la 2e armée de campagne lança l'ordre d'opération à Zhang Guohua, général du 18e corps d'armée, et à Tan Guansan, commissaire politique, leur demandant d'entrer en action immédiatement.
Étant donné l'intervention des forces étrangères, l'expansion des armements, la préparation à la guerre par Daza et la situation réelle au Tibet, Deng Xiaoping, commissaire politique de la 2e armée de campagne, avertit les chefs du 18e corps d'armée : « La libération du Tibet nécessite sans doute une certaine quantité de forces armées. Mais sur les moyens militaires, les moyens politiques dominent. Le problème politique est extrêmement important. Au Tibet, il faut agir en comptant sur la politique. La politique est vitale.Il faut se lier étroitement avec les masses populaires et s'appuyer sur elles.Il faut aussi recourir à des politiques correctes pour dissiper les rumeurs que répandent les réactionnaires intérieurs et extérieurs, et les malentendus et les préjugés entre les ethnies, légués par l'histoire, et unir le peuple tibétain, moines, laïques et patriotes, sous le drapeau anti-impérialiste et patriotique. » Le commandant Liu Bocheng souligna aussi: «Il faut commencer par l'union des ethnies, et ensuite parler du problème des classes.Il faut également se rendre compte sérieusement du problème religieux. La moindre imprudence pourrait entraîner de grandes complications. » Tout cela montre que libérer pacifiquement le Tibet fut considéré par les dirigeants de l'armée.
Le 25 février 1950, le Comité central du PCC donna des directives au Bureau du Sud-Ouest et au Bureau du Nord-Ouest du Comité central du PCC : « Le plan d'entrée de l'APL au Tibet doit être réalisé impérativement, mais on peut entreprendre par tous les moyens des négociations avec la clique du dalaï. » Au sujet des négociations avec la clique du dalaï, le Bureau du Sud-Ouest et le Bureau du Nord-Ouest formulèrent respectivement quatre et huit propositions. Le 17 mai, l'autorité centrale demanda de négocier avec le gouvernement local du Tibet selon les principes suivants : la partie tibétaine devra chasser les forces agressives impérialistes et apporter son aide pour l'entrée de la troupe de l'APL au Tibet; et la partie centrale reconnaîtra les systèmes politique et religieux du Tibet, le statut du dalaï-lama, les forces armées existantes et les us et coutumes, et les protéger. Le 27 mai, selon ces principes, Deng Xiaoping dirigea la rédaction des dix articles concrets régissant les négociations de paix et les soumit, au nom du Bureau du Sud-Ouest, à l'approbation du Comité central du PCC. Le 29, les dix articles furent approuvés. Le 2 juin, ils furent distribués aux troupes qui allaient entrer au Tibet. Plus tard, les dix articles furent appelés « Dix mesures politiques » pour la libération pacifique du Tibet.
Voici leur essence : 1. Le peuple tibétain doit s'unir pour chasser les forces agressives imérialistes ; il doit rentrer dans la grande famille de la République populaire de Chine. 2. Réaliser l'autonomie régionale tibétaine. 3. Ne pas changer le système politique actuel du Tibet, maintenir le statut du dalaï-lama et ses pouvoirs ainsi que les fonctions des fonctionnaires à tous les échelons. 4. Appliquer la liberté de croyance religieuse, protéger les monastères et respecter la croyance religieuse et les us et coutumes des Tibétains. 5. Maintenir le système militaire du Tibet et faire de l'armée tibétaine une partie des forces armées de défense nationale de la République populaire de Chine. 6. Développer la langue et l'écriture tibétaines et l'enseignement scolaire. 7. Développer Pagriculture, l'élevage, l'industrie et le commerce au Tibet et améliorer le niveau de vie des Tibétains. 8. Toutes les réformes ne peuvent être appliquées que tout à fait conformément à la volonté du peuple tibétain et au moyen de négociations entre le peuple et l'autorité locaux. 9. Pour les fonctionnaires pro-impérialistes britanniques et américains et pro-Kuomintang, à condition qu'ils s'en écartent et ne se procèdent plus au sabotage et à la révoke, ils peuvent continuer à assumer leurs fonctions et l'on passe l'éponge sur leur passé. 10. Les troupes de l'APL entrent au Tibet dans le but de consolider la défense nationale. Elles doivent respecter strictement les articles ci-dessus. Leurs frais sont à la charge du gouvernement populaire central. Ces dix articles devinrent les bases de l'« Accord sur les mesures concernant la libération pacifique du Tibet » signé plus tard.
Le 2 février 1950, Xagabba Wangqug Dedain et d'autres fonctionnaires, envoyés par Daza et le kashag à Beijing s'entretenir avec le gouvernement central au sujet de la soi-disant« indépendance du Tibet », arrivèrent à New Delhi en Inde et furent reçus par le premier ministre Nehru. Le 15 mars, ils adressèrent un message au bureau du gouvernement chinois à Hongkong, déclarant ouvertement l'« indépendance du Tibet » et demandant d'entreprendre à Hongkong des négociations avec le gouvernement central. Le 28 mai, Lin Boqu, secrétaire général du gouvernement populaire central, répondit aux journalistes à ce sujet : « L'« indépendance du Tibet » est injuste. La délégation tibétaine ne peut négocier qu'au nom de la délégation du gouvernement local la question de Punification de la patrie, sans quoi, elle ne sera pas acceptée. » Parallèlement, les dirigeants des régions du nord-ouest et du sud-ouest envoyèrent à quatre reprises des représentants au Tibet exhorter à la paix. Le leur février, Zhang Jingcheng, cadre d'origine tibétaine, partit du Qinghai pour Lhassa, portant les lettres de Liao Hansheng, gouverneur adjoint de la province du Qinghai, et de Xirab Gyaco, célèbre grand maître du bouddhisme tibétain, au dalaï-lama et à Daza. Au début de mars, le maître Zhi Qing, moine distingué d'origine han, et Jia Titao, ermite, se rendirent du Sichuan au Tibet, portant un message disant que l'APL souhaitait que la délégation tibétaine aille à Beijing ou au poste de commandement des troupes d'entrée au Tibet pour entamer des négotiations. Au début de mai, le tulku Damcai Norbu (frère aîné du XIVe dalaï-lama) du monastère Ta'er, le hotogtu Xarabcang du monastère Longwu et le tulku Xian Ling du monastère Guanghui dans le district de Datong ainsi que leurs secrétaire et interprète transmirent à la partie tibétaine la lettre de Zhao Shoushan, président du gouvemement populaire de la province du Qinghai; le 10 juillet, le tulku Geda du monastère Baili, membre du Comité militaire et administratif de la région du Sud-Ouest et vice-président du gouvernement populaire de la province du Xikang, qui assuma auparavant les fonctions de dirigeant dans le gouvernement autonome des Tibétains du Soviet de Chine, établi en 1936 avec l'aide de l'Armée rouge des ouvriers et des paysans de Chine pendant sa Longue Marche, se rendit de Gamze à Lhassa pour une mission de persuasion.
Avant son départ, il fut invité par le Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois pour participer à sa 2e session plénière. Mais compte tenu de l'urgence de la libération pacifique du Tibet, il écrivit au commandant en chef Zhu De, exprimant qu'il devait d'abord se rendre au Tibet et ensuite irait à Beijing se présenter au président Mao Zedong et au commandant en chef. En fait, à cette époque, l'autorité tibétaine ne répondit pas à l'appel du gouvernement central à une négotiation de paix. Zhang Jingcheng arriva à la fin de mai 1950 à Lhassa, mais fut forcé d'en repartir au début de juin. Dans sa lettre de réponse à Liao Hansheng, le kashag ne reconnut que les « rapports entre bienfaiteur et lama » existant entre la Chine et le Tibet et refusa de reconnaître les rapports politiques marquant que le Tibet faisait partie du territoire de la Chine. Le maître Zhi Qing et Termite Jia Titao furent barrés à Test du fleuve Jinsha et jusqu'en novembre franchirent le fleuve vers le Tibet. Le troisième groupe de persuasion arriva à Nagqu à la fin d'octobre.