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Tibet: souveraineté chinoise et droits de l'homme (Septembre 1992)
    temps:2009-02-18 source:french.china.org.cn auteur:    

Avant-propos

Le Tibet, jadis une région enveloppée de mystère, se révèle au monde entier. Des changements extraordinaires qui le font passer progressivement du retard extrême de l'état médiéval à la modernisation s'y déroulent actuellement.

Mais peu de gens sont vraiment au courant de ces réalités. Par conséquent, ceux qui ont envahi cette région ou ont tenté de le faire crient maintenant que le Tibet est victime d'une agression; ceux qui ont privé ses habitants de leurs libertés individuelles crient que les droits de l'homme y sont violés. Des rumeurs, des déformations, des soupçons, des malentendus...enveloppent de nouveau cette région comme un brouillard.

Pour savoir ce qui s'y passe réellement, les faits sont les plus éloquents.

Le mieux est donc d'exposer ces faits.

Ⅰ Qui détient la souveraineté sur le Tibet

Le Tibet se trouve dans la partie sud-ouest de la Chine. Les ancêtres de ses habitants entretenaient avant l'ère chrétienne des relations avec les Han qui vivaient dans les plaines centrales. Durant une longue période, les nombreuses tribus dispersées sur le plateau du Tibet vinrent à s'unifier et devinrent l'actuelle ethnie tibétaine.

Sous la dynastie des Tang (618-907), des unions matrimoniales et des alliances entre les familles royales des Tibétains et des Han leur permirent d'établir des relations amicales et étroites de parenté, et d'étroits liens économiques et culturels, et de s'acheminer vers la création d'un pays unifié. Une statue de la princesse Wencheng de la dynastie des Tang qui épousa en 641 le roi des Tubo est toujours conservée au Potala, à Lhasa, capitale du Tibet, et un "Monument de l'union entre les Tang et les Tubo" érigé en 823 pour marquer l'alliance entre eux se dresse toujours sur l'esplanade du monastère de Jokhang. On peut y lire:"L'Oncle et le Neveu sont convenus d'un commun accord que leurs pays ne font qu'un, qu'ils scellent un traité de grande union qui sera éternel et aura pour témoins les Dieux et les mortels et sera toujours hautement apprécié par les générations à venir."

Au milieu du XIIIe siècle, le Tibet fut officiellement incorporé au territoire chnois sous la dynastie des Yuan. Depuis cette date, il a toujours été sous la juridiction des autorités centrales, malgré les changements de dynastie et de pouvoir central.

Dynastie des Yuan (1271-1368)

Au début du XIIIe siècle, Genghis Khan, chef des Mongols, établit un Khanat mongol dans le Nord de la Chine. En 1247, Sagya Banzhida Gonggar Gyamcan, chef des religieux du Tibet, et le prince mongol Go Tan convinrent, à Liangzhou (actuellement Wuwei, dans la province du Gansu), des conditions de soumission du Tibet aux Mongols. Ces conditions comprenaient entre autres la remise de cartes et de documents, le paiement de tributs et l'acceptation des fonctionnaires envoyés au Tibet. L'Histoire des générations des Sagya rédigée en 1629 contient la lettre écrite par Sagya Banzhida aux dignitaires religieux et laïques du Tibet, dans laquelle il expliquait la nécessité de se soumettre aux Mongols et d'accepter le système administratif local fixé. En 1271, le Khanat mongol baptisa son Etat Yuan, unifia la Chin en 1279 et créa un pouvoir central plaçant à nouveau toutes les régions et toutes les communautés ethniques de la Chine sous une juridiction unifiée, comme sous les dynasties des Han (-206-220) et des Tang. Le Tibet était alors une région administrative sous la juridiction directe des autorités centrales de la dynastie des Yuan qui régnait sur la Chine.

L'empereur de la dynastie des Yuan mit sur pied le xuanzhenyuan (le Conseil des affaires politiques) chargé de diriger les affaires militaires et politiques de la région du Tibet. Il décida lui-même du choix des fonctionnaires de cet organisme qui lui envoyait directement ses rapports. C'était le youchengxiang (premier ministre) du gouvernement central qui culmulait les fonctions de yuanshi (commissaire du Conseil), chargé du pouvoir réel au xuanzhenyuan.

Des organes administratifs locaux des affaires militaires et politiques - Bureau du Commissaire de pacification - furent créés dans la région du Tibet, et dépendaient du xuanzhenyuan. Ils exerçaient leur juridiction sur 13 bureaux de wanhu (dix mille familles) et de qianhu (mille familles). C'étaient les autorités centrales de la dynastie des Yuan qui décidaient de la dénomination des organismes et des postes de fonctionnaires. La dynastie des Yuan envoya aussi des troupes en garnison au Tibet et un prince, dont le titre était désormais héréditaire, avait pour mission de garder l'extrémité est de la région du Tibet, position lui permettant de pénétrer rapidement dans la région en cas de besoin, et de sauvegarder ainsi les frontières. Un chef de wanhu se révolta en 1290 et les autorités centrales de la dynastie des Yuan envoyèrent au Tibet le prince commandant une armée pour réprimer la rébellion.

Les autorités centrales des Yuan dépêchaient des émissaires au Tibet pour y créer différents postes de relais conformément au nombre des familles, à la configuration du terrain et à la quantité des produits. Ces postes de relais formaient un réseau de communications reliant le Tibet à Dadu (Beijing actuel).

Le gouvernement central des Yuan envoya aussi des fonctionnaires procéder au recensement démographique au Tibet afin de déterminer les effectifs de la population corvéable et l'importance des corvées, des produits et de bêtes de somme que les localités devaient fournir le long des postes de relais. Trois recensements démographiques eurent lieu en 1268, 1287 et 1334 et des données détaillées les concernant se trouvent notées dans le Recueil des histoires des Han et des Tibétains, un livre d'histoire en tibétain.

Dynastie des Ming (1368-1644)

En 1368, la dynastie des Ming hérita de la dynastie précédente le pouvoir d'administration du Tibet.

Le gouvernement central des Ming conserva dans la plupart des cas les dénominations et les grades du mandarinat en usage sous les Yuan. Il fonda dans les paties centrale et orientale de l'actuel Tibet le "Commandement de Dbus-Gtsang" et le "Commandement de Mdo-khams" qui dépendaient du Commandement du Shaanxi. Ces services militaires qui correspondaient au poste de commandement d'une zone militaire provinciale s'occupaient aussi des affaires civiles. Les autorités centrales mirent également sur pied le "Siège du maréchal d'Erlisi chargé des affaires militaires et civiles". Les fonctionnaires responsables de ces organismes furent nommés par les autorités centrales.

Etant donné que le bouddhisme et le gouvernement ne faisaient qu'un au Tibet et que les diverses sectes dominaient chacune une région, l'empereur Chengzu (1403-1424), troisième souverain de la dynastie des Ming, nomma les chefs religieux des diverses parties du Tibet "prince de Dharma", "prince" ou "grand tuteur d'Etat" afin de mieux dominer la région. Le successeur d'un prince ne pouvait monter sur le trône qu'avec l'approbation de l'empereur qui envoyait à cette fin un émissaire porteur de l'ordre de nomination. Selon les règlements de la cour impériale, les princes devaient au Jour de l'An envoyer un messager ou se rendre personnellement dans la capitale participer aux cérémonies de célébration à la cour, exprimer leurs vœux et remettre les tributs. Il y avait des dispositions concrètes concernant la durée de leur séjour dans la capitale, le nombre des personnes se rendant à la capitale, leur itinéraire et leur approvisionnement en route. On peut voir aujourd'hui encore des tablettes portant l'inscription "Vive l'Empereur" dans certaines lamaseries du Tibet.

Le Dalai Lama et le Bainqen Lama qui représentent deux systèmes de bouddhas vivants appartiennent aux Gelup-pa, une école du bouddhisme tibétain apparue sous les Ming. Le troisième Dalai Lama était au début le Supérieur d'un monastère de Gelup-pa. Le gouvernement central des Ming lui accorda une faveur exceptionnelle en l'autorisant à venir apporter ses tributs à la capitale. Elle lui accorda en 1587 le titre honorifique "Dorjichang".

C'était aussi les autorités centrales qui punissaient les délits des fonctionnaires locaux du Tibet.

Dynastie des Qing (1644-1911)

En 1644, la dynastie des Qing remplaça celle des Ming et renforça son autorité sur le Tibet. L'empereur nomma officiellement en 1653 le Dalai Lama et en 1713 le Bainqen Lama, consacrant ainsi leur titre de Dalai Lama et de Bainqen Erdini, ainsi que leur position politique et religieuse au Tibet. Le premier, installé à Lhasa, avait autorité sur la plus grande partie du Tibet, et le second, établi à Xigaze, sur l'autre partie du Tibet. En 1719, le gouvernement Qing envoya des troupes au Tibet pour chasser les Dzoungares qui occupaient Lhasa depuis trois ans et se mit à modifier le système administratif du Tibet. L'empereur de la dynastie des Qing nomma un jeune Bouddha vivant de la région de Xikang comme septième Dalai Lama et l'envoya au Tibet sous escorte. Il nomma en même temps quatre hauts fonctionnaires tibétains émérites et prestigieux au poste de galoin chargés de diriger les affaires politiques du Tibet. En 1727, il envoya deux ministres au Tibet, qui, au nom des autorités centrales, surveillaient l'administration locale de la région. Cette année, il fit tracer officiellement les limites entre le Tibet, le Sichuan, le Yunnan et le Qinghai.

Le gouvernement des Qing promulgua maintes fois des règlements pour modifier et améliorer les systèmes anciens et en établir de nouveaux, afin d'assurer un meilleur fonctionnement des organes administratifs du Tibet. En 1793, il promulgua les "Règlements administratifs du Tibet, approuvés par Sa Majesté" qui comprenaient principalement les clauses suivantes:

Le gouvernement des Qing détenait le pouvoir de reconnaître les enfants-incarnations après le décès des grands bouddhas vivants, y compris le Dalai Lama et le Bainqen Erdini. Quand ces enfants-incarnations étaient découverts, leurs noms étaient écrits sur des fiches d'ivoire et celles-ci étaient placées dans une bouteille d'or fournie par les autorités centrales. Le successeur était désigné par tirage au sort en présence des envoyés impériaux au Tibet et des grands bouddhas vivants concernés (la bouteille d'or et les fiches sont maintenant conservées à Lhasa). La cérémonie de rasage des cheveux de l'enfant-incarnation, le choix de son nom religieux, de son maître d'initiation et de son précepteur de canons bouddhiques devaient aussi être soumis à l'approbation de la cour impériale par le commissaire des Qing au Tibet. Les autorités centrales envoyaient aussi un représentant assister à la cérémonie de l'accession au lit bouddhique du Dalai Lama ou du Bainqen Erdini et celle de leur entrée en fonction officielle à l'âge de 18 ans.

Le commissaire des Qing au Tibet qui supervisait au nom des autorités centrales le gouvernement du Tibet était égal au Dalai Lama et au Bainqen Erdini. Les galoin et les fonctionnaires de rang inférieur à ces derniers étaient leurs subordonnés.

Le gouvernement des Qing décidait du nombre des fonctionnaires militaires et civils du Tibet,de leur grade et de leur promotion ou remplacement. Les plus hauts fonctionnaires du Tibet - quatre galoin et six deboin - étaient nommés et rétribués par les autorités centrales.

Il fut décidé de mettre sur pied une armée tibétaine régulière forte de 3 000 hommes, avec un nombre déterminé d'officiers. La provenance de la solde, l'armement et les lieux de garnison furent aussi déterminés par lesdits règlements. Il fut décidé par ailleurs de stationner au Tibet 1 400 officiers et soldats venus du reste du pays. Les armées tibétaine et han furent placées sous le commandement de l'officier envoyé par les autorités centrales.

Il fut décidé de fonder un Hôtel de la Monnaie, chargé comme dans le reste du pays de fondre des monnaies officielles. Les pièces d'argent portaient à l'endroit et à l'envers l'inscription moulée de "Trésor de Qianlong" en chinois et tibétain.

Les revenus et dépenses annuels du Dalai Lama et du Bainqen Erdini étaient vérifiés et contrôlés par le commissaire des Qing au Tibet.

La société entière se chargeait équitablement de la corvée au Tibet. La liste des nobles et des membres de grands monastères qui bénéficiaient d'un exemption de la corvée grâce à leurs mérites devait être approuvée par le commissaire au Tibet et le Dalai Lama qui leur délivraient un certificat à ce sujet.

Les hommes d'affaires venus du Népal et du Cachemire faire du commerce au Tibet devaient être enregistrés et la liste de leurs noms soumise au commissaire des Qing au Tibet, et leurs laissez-passer étaient délivrés par un fonctionnaire responsable. Toutes les demandes de gens de l'extérieur pour aller à Lhasa devaient être visées par le Bureau du commissaire des Qing au Tibet. Ceux des Tibétains qui se rendaient au Népal ou dans un pays devaient obtenir un laissez-passer délivré par le commissaire au Tibet, pour une durée déterminée.

Des bornes fuent érigées en certains secteurs de la frontière entre la partie sud-ouest du Tibet et les pays voisins dont l'Inde et le Népal. Le commissaire au Tibet faisait chaque année des tournées d'inspection pour contrôler la défense et l'état des bornes de frontière.

Le commisaire au Tibet avait autorisé exclusive sur les affaires étrangères du Tibet. Il était interdit aux galoin de correspondre avec une partie extérieure. Quand le Dalais Lama et le Bainqen Erdini recevaient une lettre ou une pétition, ils devaient en faire rapport au commissaire des Qing au Tibet à des fins de contrôle, et celui-ci discutait avec eux pour lui donner la réponse à leur place.

La punition des criminels devait être vérifiée par le commissaire des Qing au Tibet.

Les autorités centrales de la dynastie des Qing envoyèrent en tout une centaine de commissaires au Tibet de 1727 où elles avaient commencé à le fair, à 1911, année du renversement de la dynastie des Qing.

La République de Chine (1912-1949)

La révolution qui éclata en Chine en automne 1911 mit fin à la dynastie des Qing qui avait régné en Chine pendant 270 ans environ et donna le jour à la République de Chine.

Dès sa fondation, celle-ci proclama qu'elle était une république unissant en son sein les Han, les Mandchous, les Mongols, les Hui, les Tibétains et autres communautés ethniques. Dans la déclaration qu'il fit le jour de son entrée en fonction, le premier janvier 1912, le président par intérim Sun Yat-sen, fondateur de la République de Chine, fit remarquer que "l'Etat s'appuyait sur son peuple. Notre unité nationale signifie que nous sommes un pays comprenant des territoires habités de Han, de Mandchous, de Mongols, de Hui et de Tibétains et que ces communautés ethniques sont unies comme un seul homme." Le drapeau national d'alors, un drapeau à cinq couleurs, symbolisait l'union des cinq communautés ethniques. En mars de la même année, la "Constitution provisoire de la République de Chine", premier Constitution de la République publiée par le Sénat provisoire de la République de Chine à Nanjing, stipule formellement que le Tibet fait partie de la République de Chine.

La "Loi organique de l'Assemblée nationale de la République de Chine" et la Loi électorale des députés à l'Assemblée nationale promulguées par le gouvernement de Beijing le 10 août 1912 afin de constituer la première Assemblée nationale officielle de la République de Chine stipulent le mode de participation des habitants du Tibet aux élections et la participation directe des députés tibétains élus à l'administration du pays. Le XIIIe Dalai Lama et le IXe Bainqen Erdini participèrent, en leur qualité de représentants officiels, à la formation du gouvernement national à Nanjing par le Kuomintang de Chine en 1927 et à la convocation de l'Assemblée nationale en 1931. Dans le programme général de la "Constitution provisoire de la République de Chine pendant la période de tutelle politique", le premier article affirme que le Tibet fait partie de la République de Chine. Les représentants du gouvernement local du Tibet et de l'Assemblée Kampus, organe administratif du Bainqen, prirent part au Congrès national tenu en 1946 par le gouvernement national de Nanjing.

Sous la République de Chine, le gouvernement central gouverna le Tibet tout comme l'avaient fait les dynasties des Yuan, des Ming et des Qing. Il mit sur pied en 1912 le Bureau des affaires mongoles et tibétaines (rebaptisé en mai 1914 le Yuan relatif à la Mongolie et au Tibet) pour remplacer le Yuan administratif des affaires mongoles et tibétaines de l'époque des Qing et s'occuper des affaires locales du Tibet. Il nomma un magistrat représentant les autorités centrales au Tibet pour exercer les fonctions que le commissaire des Qing avait assumées en son temps. Après la proclamation du gouvernement national à Nanjing, celui-ci mit sur pied en 1929 la Commission de Mongolie et du Tibet chargée de régler les affaires administratives des régions de minorités ethniques, notamment des Tibétains et des Mongols. En avril 1940, il établit à Lhasa la représentation de la Commission de Mongolie et du Tibet, un organisme permanent du gouvernement central au Tibet.

Conformément aux règles établies dans l'histoire, le Dalai Lama, le Bainqen Erdini et les autres grands bouddhas vivants ne peuvent jouir de leur position légale sur les plans politique et religieux que si leurs titres sont approuvés et entérinés par le gouvernement central. Malgré les menaces extérieures, de fréquents troubles intérieurs et l'affaiblissement du gouvernement central de la République de Chine, les Dalai Lamas et les Bainqen Erdini continuèrent à accepter le fait que leurs titres soient conférés par le gouvernement central, et déclarèrent maintes fois leur volonté de sauvegarder l'unité du pays et de soutenir le gouvernement central. En 1919, le XIIIe Dalai Lama déclara à la délégation du gouvernement central de Beijing:"Ce n'est pas du fond du cœur que je suis probritannique... Je jure d'être attaché à mon pays et de travailler au bonheur des cinq communautés ethniques." Au soir de sa vie (en 1930), il dit:"Je souhaite du fond du cœur que la Chine connaisse une paix et une unité véritables... Nous faisons tous partie du territoire chinois, à quoi bon nous distinguer les uns des autres?" "Il est vrai que les Anglais ont l'intention de me séduire, mais je sais bien qu'il ne faut pas perdre la souveraineté." Il exprima publiquement son intention de "ne pas entretenir de relations étroites avec les Anglais et de ne pas trahir les autorités centrales". (Extrait d'"Une mission au Xikang et au Tibet", écrite par Liu Manqing) Le IXe Bainqen Erdini écrivit dans son testament:"J'ai toujours recherché le but grandiose de soutenir les autorités centrales, de diffuser le bouddhisme, de promouvoir l'union des cinq communautés ethniques et d'assurer en commun la prospérité du pays."

Quand le XIIIe Dalai Lama décéda en décembre 1933, le gouvernement local du Tibet en informa, selon les traditions, les autorités centrales. Le gouvernement national envoya un émissaire spécial assister à la cérémonie funéraire et approuva la nomination du bouddha vivant Razheng à la régence pour exercer par intérim les fonctions du Dalai Lama. Conformément aux règles antérieures, le gouvernement local du Tibet fit rapport au gouvernement central de tout ce qui concernait la recherche de l'enfant-incarnation du XIIIe Dalai Lama. L'actuel XIVe Dalai Lama, né dans la province du Qinghai et nommé à l'origine Lamo Donzhub, fut choisi à l'âge de deux ans comme l'un des enfants-incarnations. En 1939, ayant reçu le rapport du gouvernement local du Tibet, le gouvernement central ordonna aux autorités provinciales du Qinghai d'envoyer une unité armée l'escorter à Lhasa. Après avoir envoyé le président de la Commission de Mongolie et du Tibet Wu Zhongxin examiner la situation à Lhasa, Tchiang Kaï-chek, chef du gouvernement central, approuva la demande du régent du Tibet, le bouddha vivant Razheng, de se passer du tirage au sort au moyen de la bouteille d'or, et le président du gouvernement national émit officiellement l'ordre de ratifier l'accession de Lamo Donzhub au titre du XIVe Dalai Lama.

La République populaire de Chine

La guerre de libération du peuple chinois ayant été couronnée d'une victoire décisive, la République populaire de Chine fut proclamée en 1949. Par suite de la libération pacifique de Beiping, du Hunan, et des provinces limitrophes du Tibet, comme le Yunnan, le Xinjiang et le Xikang, jusque là sous la domination du gouvernement du Kuomintang, le gouvernement populaire central adopta aussi le principe de libération pacifique envers le Tibet, tenant compte des faits historiques et actuels de cette région. Il notifia officiellement en janvier 1950 aux autorités locales du Tibet d'"envoyer une délégation à Beijing négocier la libération pacifique du Tibet". Mais, avec l'appui d'une certaine force étrangère et au mépris des intérêts du pays et du peuple tibétain, le régent Dagzhag Ngawang Songrab et d'autres personnes qui contrôlaient alors le gouvernement local du Tibet, refusèrent la proposition du gouvernement central relative aux négociations de paix. Ils concentrèrent le gros de l'armée tibétaine sur la ligne de Qamdo, dans la partie orientale du Tibet, et construisirent des ouvrages de défense dans le but de résister à l'Armée populaire de Libération. Le gouvernement central se vit donc obligé de lui ordonner en octobre 1950 de traverser le fleuve Jinsha et de libérer Qamdo.

Par la suite, le gouvernement central somma de nouveau le gouvernement local du Tibet d'envoyer une délégation négocier à Beijing. Cette politique constante en faveur des négociations de paix encouragea considérablement les forces patriotes du Tibet et leur apporta un grand soutien. Les personnalités patriotes de la couche supérieure, représentées par Ngapoi Ngawang-Jigme, se prononcèrent énergiquement pour les négociations de paix, et obtinrent une large approbation. Le XIVe Dalai Lama qui accéda au pouvoir avant la date convenue accepta la proposition de négociations de paix. En janvier 1951, il adressa au gouvernement populaire central une lettre dans laquelle il écrit:"Cette fois-ci j'accepte la demande chaleureuse et sincère de tout le peuple tibétain d'exercer le pouvoir moi-même...décide de déférer en paix à son souhait" et d'envoyer une délégation auprès du "gouvernement populaire central afin de chercher à régler le problème du Tibet". Il nomma en février 1951 Ngapoi Ngawang-Jigme premier représentant plénipotentiaire du gouvernement local du Tibet, Kemai Soinam Wangdui, Tubdain Daindar, Tubdain Legmoin et Sampo Dainzin Toinzhub, représentants chargés d'aller à Beijing régler tout ce qui concerne les négociations avec le gouvernement populaire central.

Les représentants du gouvernement populaire central et du gouvernement local du Tibet aboutirent le 23 mai 1951 à un accord sur les problèmes relatifs à la libération pacifique du Tibet et signèrent "l'Accord entre le gouvernement populaire central et le gouvernement local du Tibet sur les mesures concernant la libération pacifique du Tibet" (en abrégé l'accord en dix-sept points). Aux termes de l'accord, le peuple tibétain devait s'unir et chasser les forces d'agression impérialistes hors du Tibet; le gouvernement local tibétain devait apporter une aide active à l'Armée populaire de libération pour lui permettre de pénétrer au Tibet et de consolider la défense nationale; le peuple tibétain avait droit à l'autonomie régionale; les autorités centrales n'apporteraient pas de modification à l'organisation politique en place au Tibet, ni aux statuts et prérogatives préétablis du Dalai Lama et du Bainqen Erdini, et les fonctionnaires de tous les niveaux seraient maintenus à leur poste; la politique de liberté de croyance religieuse serait appliquée, les croyances religieuses, les mœurs et coutumes du peuple tibétain seraient respectées; la langue et l'écriture tibétaines, l'enseignement, l'agriculture, l'élevage, l'industrie et le commerce seraient développés progressivement et le niveau de vie des habitants amélioré; les autorités centrales s'occuperaient sous une direction centralisée de toutes les affaires extérieures de la région du Tibet. L'accord stipulait explicitement, par ailleurs, que touchant les différentes réformes du Tibet, aucune contrainte ne serait exercée par les autorités centrales, et que le gouvernement local du Tibet procèderait à des réformes de sa propre initiative.

Cet accord bénéficia de l'approbation et du soutien du peuple multi-ethnique du Tibet. Du 26 au 29 septembre 1951, le gouvernement local du Tibet convoqua une conférence à laquelle participèrent tous les fonctionnaires ecclésiastiaques et laïques et les représentants de trois grands monastères pour discuter de l'accord. Dans le message au Dalai Lama adopté lors de la conférence, il est dit:"L'accord en dix-sept points que nous venons de signer profite considérablement et incomparablement à la cause grandiose du Dalai Lama, au bouddhisme, aux affaires politiques et économiques du Tibet, et doit sans conteste être appliqué à la lettre." Le Dalai Lama envoya donc le 24 octobre de la même année un télégramme au président Mao Zedong dans lequel il disait:"Sur la base de l'amitié, les représentants des deux parties ont signé le 23 mais 1951 l'accord sur les mesures concernant la libération pacifique du Tibet. Le gouvernement local, les lamas et les populations laïques du Tibet le soutiennent à l'unanimité. Sous la direction du président Mao et du gouvernement populaire central, ils apportent une aide active à l'Armée populaire de libération entrée au Tibet pour consolider la défense nationale, chasser les forces impérialistes du Tibet et sauvegarder l'unité territoriale et la souveraineté du pays." Le Bainqen Erdini et l'Assemblée Kampus déclarèrent de leur côté que "l'accord correspondait complètement aux intérêts du peuple chinois multi-ethnique en général et à ceux du peuple tibétain en particulier". Le 26 octobre de la même année, avec l'appui du peuple tibétain, l'Armée populaire de libération entra à Lhasa.

Après la libération pacifique du Tibet, le gouvernement populaire central et les forces patriotes de la couche supérieure du Tibet œuvrèrent énergiquement à l'application de l'accord en dix-sept points. En 1954, le Dalai Lama et le Bainqen Erdini se rendirent ensemble à Beijing pour participer à la première Assemblée populaire nationale de la République populaire de Chine. Dans le discours qu'il prononça à l'Assemblée, le Dalai Lama exposa les résultats obtenus depuis trois ans dans la mise en pratique de l'accord en dix-sept points et soutint chaleureusement les principes et les clauses concernant l'autonomie régionale des minorités ethniques, contenus dans le projet de la première Constitution de la Chine nouvelle. En ce qui concerne la religion, il déclara:"Le peuple tibétain qui nourrit de profondes croyances religieuses s'est montré fort troublé par la rumeur fabriquée par certaines gens selon laquelle le Parti communiste et le gouvernement populaire veulent détruire la religion. Mais maintenant cette rumeur visant à semer la discorde a fait faillite et le peuple tibétain comprend par sa propre expérience que nous avons la liberté de croyance religieuse." Il exprima sa volonté de transformer graduellement le Tibet en une région prospère et heureuse, sous la direction du gouvernement populaire central et avec l'aide du peuple multi-ethnique. Le 20 septembre, le Dalai Lama, le Bainqen Erdini et les autres députés tibétains votèrent la "Constitution de la République populaire de Chine" avec les autres députés de différentes communautés ethniques. Lors de cette Assemblée, le Dalai Lama et le Bainqen Erdini furent élus respectivement vice-président et membre du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale. Faisant partie du personnel dirigeant du pays, ils exerçaient, selon la Constitution, leur droit de participer à l'administration des affaires d'Etat.

Le 22 avril 1956, le Dalai Lama assuma les fonctions de président du Comité préparatoire de la région autonome du Tibet et déclara lors de la conférence marquant la fondation de ce comité:"J'ai envoyé en 1951 une délégation à Beijing pour négocier avec les représentants du gouvernement populaire central, et sur la base de l'unité et de l'amitié, nous avons signé “l’accord entre le gouvernement populaire central et le gouvernement local du Tibet concernant les mesures de libération pacifique du Tibet". Désormais, le peuple tibétain s'est débarrassé de l'asservissement et de la mainmise exercés par les impérialistes et est revenu au sein de la patrie. Tout comme les peuples des autres communautés ethniques, il jouit pleinement des droits d'égalité nationale et s'est engagé dans la voie lumineuse de la liberté et du bonheur."

 

Ⅱ Origine de la soi-disant "l'indépendance du Tibet"

Voilà plus de 700 ans que les autorités centrales chinoises exercent leur souveraineté sur le Tibet. A aucun moment, le Tibet n'a été un Etat indépendant. Les plusieurs millions de documents, en langues chinoise et tibétaine, qui relatent les événements historiques de ces 700 ans, sont aujourd'hui encore conservés dans les Bureaux des archives de Beijing, de Nanjing et de Lhasa. Aucun pays au monde n'a reconnu le Tibet comme un Etat indépendant. En 1904, le ministre britannique des Affaires étrangères a mentionné, dans une instruction officielle, le Tibet comme "une province de l'empire chinoise". De son côté, Nehru, premier ministre indien, a affirmé dans son discours prononcé en 1954 devant le Lok Sabha: "Pendant les derniers siècles, je ne connais aucun pays qui eût contesté la souveraineté chinoise sur le Tibet." Pourtant, la clique du Dalai Lama et les forces anti-chinoises internationales ont créé un mensonge, selon lequel le Tibet est devenu "un Etat exerçant son plein pouvoir" depuis la Révolution de 1911 jusqu'à la fondation en 1949 de la République populaire de Chine, mensonge qui a été démenti par de très nombreux faits historiques. Seule l'approbation, par le gouvernement du Kuomintang, de l'avènement du XIVe Dalai Lama suffit à prouver qu'il n'existait pas, à l'époque, de pouvoir indépendant au Tibet. La soi-disant "indépendance du Tibet" prônée avec force par la clique du Dalai Lama et les forces anti-chinoises internationales n'est, en fait, rien d'autre qu'un produit de l'agression des impérialistes contre la Chine durant la période moderne.

Comment les impérialistes ont comploté pour créer "l'indépendance du Tibet"

Au début de notre siècle, le mot "l'indépendance " n'existait pas encore dans le vocabulaire de la langue tibétaine. Après la Guerre de l'Opium, déclenchée en 1840 par les impérialistes britanniques, la Chine, un paya souverain indépendant, commença à dégénérer en une semi-colonie. Les forces impérialistes profitèrent du déclin du gouvernement central des Qing pour tenter de se partager le territoire de la Chine, y compris le Tibet.

En vue d'inclure le Tibet dans sa sphère d'influence, la Grande-Bretagne entreprit, en 1888 et en 1903, deux guerres d'agression contre le Tibet. La résistance des forces armées et des populations tibétaines se termina par un échec. Au cours de la seconde guerre d'agression, l'armée britannique occupa pendant certain temps la ville de Lhasa et le XIIIe Dalai Lama dut s'en retirer. Les agresseurs forcèrent des fonctionnaires du gouvernement local du Tibet à signer le "Traité de Lhasa". Du fait que le ministère des Affaires extérieures du gouvernement des Qing estimait que le traité portait atteinte à la souveraineté du pays et qu'il refusait de le signer, le traité ne put entrer en vigueur.

Sans pouvoir atteindre leur objectif de contrôler le Tibet au moyen d'agressions militaires, les impérialistes changèrent de tactique, en cherchant à séparer le Tibet de la Chine. Le 31 août 1907, la Grande-Bretagne et la Russie signèrent un traité d'alliance, dont certaines clauses utilisaient le terme "suzeraineté" à la place de souveraineté de la Chine sur le Tibet. C'était le premier document international qui substituait le mot "suzeraineté" à celui de souveraineté chinoise sur le Tibet.

En 1911, éclata la Révolution qui renversa la dynastie des Qing. L'année suivante, profitant du chaos politique créé en Chine par la chute de la dynastie des Qing et la fondation de la république, la Grande-Bretagne remit au ministère chinois des Affaires étrangères une note en "cinq points" qui niait la souveraineté de la Chine sur le Tibet. Ce texte rejeté par le gouvernement chinois incita les Britanniques à bloquer tous les passages reliant l'Inde au Tibet. En 1913, le gouvernement britannique incita les autorités locales du Tibet à proclamer “l’indépendance", déclarant qu'"il leur fournira toutes les munitions militaires après l'indépendance du Tibet", que "le Tibet devra accepter que les envoyés britanniques supervisent les affaires financières et militaires, en tant que récompense de l'aide britannique à l'indépendance du Tibet", que "la Grande-Bretagne se chargera de la défense lorsque les forces de la République de Chine pénétreront au Tibet", et que "le Tibet devra ouvrir ses portes et accorder la liberté d'action à tous les Britanniques" (Extrait des "Grands événements du Tibet pendant 60 ans", écrits par Zhu Xiu). Pourtant, la Grande-Bretagne n'a pu faire aboutir son complot.

En 1913, Yuan Shikai usurpa le poste de président de la République. Il brûlait d'envie d'être reconnu sur le plan diplomatique par les différents pays étrangers et d'obtenir des prêts internationaux. Profitant de ce désir du gouvernement de Beijing, la Grande-Bretagne l'obligea à participer à la conférence tripartite entre la Chine, la Grande-Bretagne et le Tibet, autrement dit la "conférence de Simla". Avant la réunion, Charles Bell, chargé des affaires politiques que les gouvernements britanniques et indien avaient envoyé au Sikkim, rencontra personnellement le représentant du Tibet, Lon-chen Shatra à la conférence, et lui assura que le terme de "suzeraineté" recélait un sens d'"indépendance". Dans son livre intitulé Le passé et le présent du Tibet, Bell écrivait: "Durant mon entrevue avec Lon-chen Shartra à Gyangze, je lui ai proposé de rassembler tous les textes et documents concernant les relations sino-tibétaines, ainsi que l'actuelle demande du Tibet de lui restituer tous les districts et préfectures, occupés progressivement par la Chine, afin de les apporter à la conférence." A l'instigation de la Grande-Bretagne, les représentants du Tibet lancèrent pour la première fois le slogan de “l’indépendance du Tibet" au cours de la conférence, prétendant que "le territoire du Tibet doit comprendre le Qinghai, Litang, Batang et Dajianlu". Cette demande fut rejetée par le représentant du gouvernement chinois. A ce moment-là, d'après un plan préalablement établi, les représentants britannques présentèrent un projet de "compromis", selon lequel les régions peuplées de Tibétains seraient divisées en deux parties: le "Tibet intérieur" et le "Tibet extérieur"; le premier comprendrait les régions habitées de Tibétains du Qinghai, du Gansu, du Sichuan, du Yunnan et d'autres provinces, et il serait placé sous la juridiction du gouvernement chinois; le second recouvrait le Tibet et la partie ouest du Xikang, le gouvernement chinois devrait "reconnaître son autonomie", "sans intervenir dans ses affaires intérieures", mais "il pourra encore envoyer son ministre accrédité à Lhasa, avec une unité de protection composée tout au plus de 300 hommes". Ce projet de "compromis", de par sa nature, visait à substituer la "suzeraineté" à la souveraineté de la Chine sur le Tibet, car sous couvert d'"autonomie", le Tibet serait ainsi séparé de la Chine. Cette demande arbitraire suscita une véhémente opposition de la part du peuple chinois tout entier. Le 3 juillet 1914, Chen Yifan, représentant du gouvernement chinois, reçut l'ordre de refuser de signer le "traité de Simla", et déclara formellement:"Le gouvernement chinois ne peut pas admettre le traité signé aujourd'hui par la Grande-Bretagne et le Tibet, ni tous les autres documents semblables signés l'autre jour." Dans le même temps, le gouvernement chinois remit au gouvernement britannique une note concernant sa position à cet égard. Ainsi, la conférence se termina sans résultat.

L'été 1942, le gouvernement local du Tibet, avec le soutien des représentants de la Grande-Bretagne, annonça brusquement la création d'un "Bureau des affaires étrangères", menant ainsi ouvertement des activités en vue de “l’indépendance du Tibet". Avant appris la nouvelle, le peuple chinois tout entier stigmatisa la conduite des autorités locales du Tibet, et le gouvernement central lui lança aussi un avertissement sévère. Sous la pression, le gouvernement local du Tibet fut obligé de rendre compte au gouvernemnt central de la modification de leur décision. En mars 1947, eut lieu à New Delhi la "conférence pan-asiatique". D'après le complot tramé en coulisses par les impérialistes britanniques, on invita le Tibet à envoyer des représentants à la conférence. Sur la carte géographique de l'Asie et parmi les drapeaux nationaux des pays participants accrochés dans la salle de conférence, le Tibet était traité comme un Etat indépendant. Ces erreurs ne furent corrigées par les organisateurs de la conférence qu'après que la délégation chinoise eut élevé une protestation solennelle.

Aux environs de 1949, l'Américain Lowell Thomas se rendit au Tibet en qualité de "commentateur à la Radio", en vue d'explorer, selon lui, "la possibilité pour Washington d'accorder une aide au Tibet". Il a écrit dans la presse américaine:"Les Etats-Unis sont prêts à reconnaître le Tibet en tant qu'Etat indépendant et libre". Au cours du premier semestre de 1950, ont été acheminées au Tibet, via Calcutta, une certaine quantité d'armes et de munitions américaines, destinées à repousser l'Armée populaire de libération de Chine lors de son entrée au Tibet. Le 1er novembre de la même année, le secrétaire d'Etat américain Dean Acheson a ouvertement et calomnieusement qualifié la liberté du Tibet - une partie du territoire chinois - d'"acte d'agression". Durant ce même mois, les Etats-Unis ont incité d'autres pays à présenter à l'ONU un projet de résolution proposant l'intervention de l'ONU dans les affaires du Tibet. Du fait de la position solennelle du gouvernement chinois et de l'opposition de certains autres pays, ces actions n'ont pu aboutir.

L'histoire des cents dernières années montre clairement que la soi-disant "indépendance du Tibet" a été mise au point par les impérialistes, anciens et nouveaux, afin de réaliser leur objectif inavoué de s'emparer du Tibet. Le XIVe Dalai Lama lui-même avait déclaré:"Les impérialistes profitaient des sentiments d'opposition de la population tibétaine aux gouvernements réactionnaires des Qing et du Kuomintang, pour la tromper et semer la discorde, afin de séparer les Tibétains de leur patrie et de les placer sous leur oppression et leur asservissement.

Comment la rébellion armée de 1959 a-t-elle éclaté?

Avant la libération pacifique du Tibet, sévissait dans la région le servage féodal, les bonzes de la couche supérieure et les aristocrates exerçaient une dictature. La masse des serfs brûlaient d'envie de s'émanciper des carcans du servage. Après la libération pacifique, les personnalités sensées des couches moyenne et supérieure du Tibet ont réalisé que sans une réforme de l'ancien système, le Tibet n'aurait pas la possibilité de connaître la prospérité. Compte tenu de l'histoire et de la réalité du Tibet, les autorités centrales ont adopté une attitude très prudente à l'égard de la réforme du système social au Tibet. Il est donc stipulé dans “l’Accord en 17 points" que les autorités centrales n'imposeraient pas cette réforme, et qu'elles confiaient au gouvernemnt local du Tibet le soin de la mener de son propre chef. En janvier 1957, lors de sa visite en Inde, le premier ministre du Conseil des affaires d'Etat, Zhou Enlai, a transmis une lettre du président Mao Zedong aux Dalai et Bainqen Lamas, ainsi qu'aux principaux fonctionnaires du gouvernement local du Tibet qui l'accompagnaient dans cette visite. Ce message révélait une décision de l'autorité centrale, selon laquelle la réforme n'aurait pas lieu durant la période du 2e plan quinquennal (1958-1962), et six ans plus tard, ce serait toujours en fonction de la réalité et des conditions réelles que l'on déciderait de l'effectuer ou non.

Pourtant, certaines personnes au sein du groupe de direction de la couche supérieure du Tibet étaient fondamentalement opposées à la réforme, dans l'espoir de préserver à jamais le système de servage, et de protéger leurs intérêts acquis. Elles cherchaient à violer et à saper "l'Accord en 17 points", et redoublaient d'efforts dans leurs activités séparatistes. En mars et avril 1952, avec le soutien secret des fonctionnaires du gouvenement local du Tibet, Sicab Lukangwa et Losang Shaxi, la "conférence populaire", une organisation illégale, a suscité des agitations à Lhasa, déclarant son opposition à "l'Accord en 17 points" et demandant le retrait du Tibet des unités de l'Armée populaire de libération. En 1955, Surkang Wangqing Geleg, galoin du gouvernement local du Tibet, et autres personnes ont mijoté et suscité en cachette un mutinerie armée dans les régions habitées de Tibétains de la province du Xikang. En 1956, eut lieu une rébellion, les rebelles encerclèrent et attaquèrent le siège des autorités locales, tuèrent des travailleurs et plusieurs centaines de personnes. En mai 1957, grâce au soutien des galoin du gouvernement local du Tibet, Neuxar Tubadain Tarbas et Xainga Gyurme Doje, une organisation rebelle Shi Shui Liu Gang (Quatre rivières et six buttes) fut créée, puis se formèrent des troupes rebelles qui se donnèrent le nom de "défenseurs de la religion". Les mutins avancèrent des mots d'ordre pour "l'indépendance du Tibet" et l'opposition à la réforme. Ils harcelèrent les régions de Qamdo, Dengqen, Heihe et de Shannan, tuèrent des cadres, détruisirent des routes, attaquèrent les organismes et les unités de l'armée que les autorités centrales avaient envoyés dans ces régions; ils pillèrent des biens, persécutèrent et tuèrent des habitants et violèrent des femmes. Dans le district de Nedong, les rebelles arrêtèrent le commerçant Dongda Baza ainsi que sa femme, parce qu'il avait refusé de se joindre aux rangs des rebelles, ils les couvrirent de coups de fouet, tuèrent cet homme d'affaires et violèrent sa femme. A l'époque, le gouvernement local du Tibet a avoué qu'il recevait de nombreuses plaintes dénonçant les rebelles de leur violence. Rien qu'en août 1958, plus de 70 en furent déposées.

Animé de l'esprit de l'union des différentes communautés ethniques du pays, le gouvernement populaire central a demandé à maintes reprises au gouvernement local du Tibet de punir les rebelles et d'assurer l'ordre public. Il a affirmé aux galoin du gouvernement local du Tibet:"L'autorité centrale n'a aucune intention de modifier sa décision de remettre à plus tard la réforme dans la région du Tibet, et d'adopter un principe de réforme pacifique lorsqu'elle s'effectuera." Pourtant, la clique réactionnaire au sein de la couche supérieure du Tibet considéraient la bonne volonté du gouvernement central comme une faiblesse dont elle pouvait tirer parti, déclarant:"Depuis neuf ans, les Han n'ont pas osé toucher notre système qui est le plus beau et le plus sacré; lorsque nous les attaquons, ils ne font que se défendre, sans avoir la force nécessaire pour lancer des contre-attaques. Si nous réussissons à expédier une importante force armée à Lhasa, les Han s'enfuiront dès notre première attaque; s'ils résistent, nous amènerons le Dalai Lama à Shannan, où nous concentrerons de nouveau nos forces pour déclencher un nouvel assaut, et nous prendrons la ville de Lhasa. Si, finalement, tout échoue, nous pourrons nous réfugier en Inde."

Dès son début, la rébellion armée au Tibet bénéficiait du soutien des forces anti-chinoises étrangères. Selon les révélations faites dans Les Etats-Unis, le Tibet et la Chine par l'Américain Norman C. Holl, la CIA avait sélectionné, en 1957, six jeunes gens parmi les Tibétains résidant à l'étranger, et les avait envoyés sur l'île de Guam pour leur donner un entraînement au tir et aux exercices de parachutisme, et dans les domaines de la reconnaissance des cartes géographiques et de l'utilisation des émetteurs-récepteurs. Ensuite, les Etats-Unis ont formé, au camp de Hale dans l'Etat de Colorado, 170 "guérilleros kamba", qu'ils ont renvoyés par groupes au Tibet, en les y parachutant ou les y faisant pénétrer secrètement par d'autres voies, afin de créer au Tibet un "mouvement de résistance efficace" contre “l’occupation chinoise". Selon l'article "Le complot de la CIA des Etats-Unis contre le Tibet" paru le 5 septembre 1975 dans le Commentaire économique d'Extrême-Orient", journal publié à Hongkong, deux des agents secets du premier groupe formés par les Etats-Unis sont venus en mai 1958, apportant avec eux des émetteurs-récepteurs, au quartier général de Anzhucang Goinbo Zaxi à Shannan, en vue de prendre contact avec la CIA. Quelque temps plus tard, les Etats-Unis ont parachuté une certaine quantité de matériel militaire aux rebelles à Chigu, entre autres: 20 mitrailleuses légères, 2 mortiers, 100 fusils, 600 grenades, 600 obus, 40 000 cartouches. Par ailleurs, par voie terrestre, les Etats-Unis ont secrètement livré une grande quantité d'armes et munitions aux rebelles de Shannan.

Le connivence des propriétaires de serfs, qui s'obstinaient à maintenir le système de servage, avec les réactionnaires étrangers a permis une extension rapide de la rébellion. Le 10 mars 1959, une rébellion armée générale fut ainsi déclenchée à Lhasa, d'après un plan minutieusement établi.

Le 7 février, le Dalai Lama a demandé à Deng Shaodong, commandant en chef adjoint de la zone militaire du Tibet, ainsi qu'à d'autres:"On dit que l'Ensemble artistique de la zone militaire du Tibet, après ses études dans le reste du pays, présente de nouveaux numéros très bons. Je voudrais assister à la représentation. Je vous prie d'en organiser une à mon intention." Deng Shaodong et les autres ont immédiatement donné leur accord, et prié le Dalai Lama de fixer la date et le lieu de la représentation désirée. Ils ont par ailleurs informé les galoin dong Surkang et l'intendant du Dalai Lama, Paglha Tubdain Weidain, de cet arrangement. Le 8 mars, le Dalai Lama a décidé que le spectacle aurait lieu le 10, à 3 heures de l'après-midi, dans la grande salle de la zone militaire. Cette dernière a donc établi un plan minutieux de réception. Le soir du jour suivant, Miboin, maire de la ville de Lhasa, a déclaré d'un ton démagogique aux habitants de Lhasa:Le Dalai Lama se rendra demain dans la zone militaire pour un banquet et une représentation artistique; les Han ont préparé un avion en vue de le kidnapper et de l'emmener à Beijing; chaque famille doit donc envoyer des personnes au siège du Dalai Lama à Norbu Lingka, pour lui adresser une pétition lui demandant de ne pas y aller. Le 10 au matin, les rebelles incitèrent avec force quelque 2 000 personnes à aller à Norbu Lingka, en répandant des bruits selon lesquels la zone militaire "complote d'empoisonner le Dalai Lama", et en scandant des mots d'ordre comme “l’indépendance du Tibet", "Chassons les Han", etc. Ils blessèrent sur-le-champ Sampo Cewang Rinzin, ancien galoin et commandant en chef adjoint de la zone militaire du Tibet, et ils lapidèrent à mort Kaingoin Pagbalha Soinam Gyamco, une personnalité patriote et membre du Comité préparatoire de la région autonome du Tibet. Ils attachèrent ensuite le cadavre à la queue d'un cheval pour l'exposer au centre-ville de Lhasa. Puis, les chefs de file de la rébellion convoquèrent successivement “l’assemblée populaire", la "conférence populaire de l'Etat indépendant du Tibet", accélérant ainsi le rythme du travail d'organisation et d'extension de la rébellion armée. Ils déchirèrent ouvertement “l’Accord en 17 points", proclamèrent “l’indépendance du Tibet", déclenchèrent ainsi une rébellion armée générale et dégénérant en traîtres à la patrie.

Bien que Norbu Lingka fût alors contrôlé par les rebelles et qu'il fût très difficile de contacter le Dalai Lama, le représentant de l'autorité centrale, Tan Guansan, lui adressa les 10, 11 et 15 mars trois lettres à l'aide de personnalités patriotes, lettres dans lesquelles il exprimait sa compréhension à l'égard de la situation du Dalai Lama, sa préoccupation pour la sécurité de celui-ci, et soulignait que le gouvernement local du Tibet devait mettre tout de suite fin aux provocations armées des rebelles. Les 11, 12 et 16, le Dalai Lama répondit trois fois à Tan Guansan, disant:"Les malfaiteurs réactionnaires, en prétextant de protéger ma sécurité, cherchent à me compromettre, et je tente de les neutraliser", "les infractions à la loi des groupes de réactionnaires me plongent dans une immense inquiétude... Sous le prétexte de protéger ma sécurité, ils ont suscité des incidents graves pour saper les relations entre les autorités centrales et locales; je fais l'impossible pour les régler." Dans sa réponse du 16, il disait encore qu'il avait "éduqué" et "critiqué sévèrement" des fonctionnaires du gouvernement local, ajoutant qu'il se rendrait dans la zone militaire quelques jours plus tard. Ces trois lettres, dont la photocopie, réalisée par le journaliste de l'Agence Chine nouvelle, a été publiée, sont aujourd'hui encore conservées en leur état original.

Cependant, le 17 mars au soir, les chefs de file de la rébellion, comme les galoin Surkang, Neuxar et Xaisur, quittèrent Lhasa en emmenant le Dalai Lama à Shannan,"base d'appui" de la rébellion armée. Après la défaite de celle-ci, ils se réfugièrent tous en Inde.

Quand le Dalai Lama quitta Lhasa, les rebelles mobilisèrent 7 000 hommes pour lancer, le 20 mars, au petit matin, une attaque générale. Poussés à bout, les soldats de l'Armée de libération reçurent, à 10 heures du matin, l'ordre de riposter. Bénéficiant du soutien des habitants et bonzes patriotes tibétains, ils apaisèrent la rébellion en deux jours dans la ville proprement dite de Lhasa, puis à Shannan où se cramponnèrent longtemps les rebelles. Les forces rebelles qui s'étaient éparpillées dans d'autres régions furent également désintégrées les unes après les autres.

Le haut sens de la discipline des soldats de l'Armée populaire de libération leur valut le soutien sincère des habitants et bonzes tibétains. Ceux-ci aidaient de leur propre chef les soldats dans leurs opérations d'apaisement de la rébellion. Dans diverses zones, ils s'étaient organisés en équipes d'auto-défense, de maintien de l'ordre, de protection des bêtes de somme; ils aidaient les soldats en réparant les routes, en transportant des messages et du matériel, en servant de guides, en préparant du thé, en faisant la sentinelle et en soignant les soldats blessés. Les rebelles étaient donc dans un isolement total.

 

Ⅲ Activités séparatistes de la clique du Dalai Lama et politique du gouvernement central

Comment la clique du Dalai Lama s'est-elle livrée à des activités séparatistes?

Après la fuite du Dalai Lama à l'étranger, le gouvernement central, partant des besoins d'ensemble que sont le maintien de l'unité de la patrie et la sauvegarde de l'union de toutes les communautés ethniques chinoises, a adopté une attitude d'attente patiente à son égard. Sa fonction de vice-président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale lui a été gardée jusqu'en 1964. Entouré des forces anti-chinoises à l'étranger et des séparatistes tibétains, le Dalai Lama a abandonné fondamentalement le patriotisme qu'il avait exprimé, et mené de nombreuses activités visant à scinder la patrie.

- Il a proclamé ouvertement que le "Tibet est un pays indépendant". En juin 1959, il a fait une déclaration à Mussoorie, en Inde, disant que "le Tibet a toujours été, en réalité, indépendant." Au cours de sa visite en Grande-Bretagne en mars 1991, il a dit aux journalistes que le Tibet "est le plus grand pays occupé dans le monde aujourd'hui". Il a aussi prétendu que "la réalisation de l'indépendance du Tibet est une tâche incombant sur tous les Tibétains de l'intérieur comme de l'extérieur du Tibet".

- Il a fondé un "gouvernement en exil". Au début des années 1960, la clique du Dalai Lama a tenu à Dharamshala, en Inde, une "assemblée populaire du Tibet", a fondé, à cette occasion, un soi-disant "gouvernement en exil du Tibet", et a promulgué une "constitution" stipulant qu "le Dalai Lama est chef de l'Etat", qu'il "nomme les ministres", et que "toute l'activité du gouvrnement n'est valable qu'avec son approbation". En 1991, cette prétendue "constitution" a été révisée par la clique du Dalai Lama, mais elle stipule encore que celui-ci est le "chef de l'Etat". Le Dalai Lama et son soi-disant "gouvernement en exil" ont depuis toujours perçu "l'impôt de l'indépendance" parmi les Tibétains résidant à l'étranger; ils ont installé des "bureaux de représentation" dans certains pays; ils ont publié et distribué des périodiques et livres prônant "l'indépendance du Tibet", et ils ont mené des activités politiques en vue de "l'indépendance du Tibet".

- Il a reconstitué des forces armées rebelles. En septembre 1960, la clique du Dalai Lama a créé, à Mustang, au Népal, une nouvelle "Armée des défenses de la religion Shi Shui Liu Gang (quatre rivières et six buttes)", et a procédé, pendant une bonne dizaine d'années, à des harcèlements militaires à la frontière chinoise. Anzhugcang Goinbo Zhaxi, premier commandant en chef de l'armée, a ainsi écrit dans ses mémoires intitulés Shi Shui Liu Gang (Quatre rivières et six buttes): On a "organisé une série d'attaques contre les postes de sentinelles chinois"; parfois "une ou deux centaines de guérilleros tibétains ont pénétré, dans les zones occupées par la Chine, jusqu'à une profondeur de 100 milles terrestres". Le Dalai Lama a fait l'éloge de Goinbo Zhaxi dans un article.

- Il a répandu de faux bruits et lancé des calomnies pour susciter de l'agitation. Méprisant les faits, le Dalai Lama a fabriqué, durant les plus de 30 ans de vie à l'étranger, un nombre considérable de rumeurs, par exemple:"l'accord en dix-sept points a été imposé au Tibet par la force des armées": "les Han ont tué 1,2 million de Tibétains"; "les Tibétains sont devenus minoritaires au Tibet, en raison de l'immigration des Han"; "au Tibet, le Parti communiste a imposé le planning familial et l'avortement aux femmes"; ainsi que l'opposition du gouvernement à la liberté de croyances religieuses, la persécution des religieux, le risque de disparition de la culture et des arts tibétains, la grave destruction des ressources naturelles au Tibet, la pollution de l'environnement au Tibet, etc. Ce faisant, il cherche à semer la discorde entre les diverses communautés ethniques, à dresser les Tibétains contre le gouvernement central. Les graves agitations qui ont eu lieu à Lhasa entre septembre 1987 et mars 1989 ont été déclenchées à l'instigation de la clique du Dalai Lama et selon le complot arrêté par des rebelles qu'elle avait envoyés au Tibet. Elles ont causé d'énomes pertes en vies et en biens pour les Tibétains.

Les actes et les paroles du Dalai Lama prouvent qu'il n'est plus seulement, comme il l'a dit lui-même, un leader religieux, mais un chef de file politique menant, depuis longtemps à l'étranger, des activités pour scinder la patrie.

"L'indépendance du Tibet" est hors de toute discussion

Le gouvernemnt central poursuit une politique conséquente à l'égard du Dalai Lama, dans l'espoir qu'il renoncera à son dessein séparatiste, pour revenir à une position de patriote favorable à l'unité du pays.

Le 28 décembre 1978, le dirigeant Deng Xiaoping a déclaré, lors de son entrevue avec des journalistes de l'Associated Press:"Le Dalai Lama peut revenir au pays, mais en qualité de citoyen chinois", "nous n'avons qu'une demande, celle d'aimer la patrie. D'ailleurs, nous avons proposé de ne faire aucune distinction entre les premiers et les derniers à se raillier à la cause patriotique." Cette déclaration exprime l'attitude du gouvernement central qui est favorable au retour du Dalai Lama dans le pays.

Le 28 février 1979, le Dalai Lama envoya des représentants dans le pays pour contacter le gouvernement central. Le 12 mars, Deng Xiaoping les a reçus, et leur a déclaré en termes explicites:"Le Délai Lama est le bienvenu, et après son retour, il lui sera aussi possible de ressortir." Au sujet des négociations du gouvernement central avec la partie du Dalai Lama, il a souligné:"Il est maintenant question que le Tibet dialoguera, en qualité de pays, avec les autorités centrales ou il discutera avec elles, en tant que partie de la Chine, pour régler certains problèmes. C'est un problème réaliste." "Le problème fondamental c'est que le Tibet fait partie intégrante de la Chine, tout doit être jugé d'après ce critère."

Pour pousser, à travers les négociations, le Dalai Lama et ses suivistes à renoncer à leur dessein séparatiste, le gouvernement central a fait bien des démarches. A partir de 1980, les dirigeants de l'autorité centrale ont reçu, à maintes reprises, les représentants envoyés par le Dalai Lama et leur ont réaffirmé la politique du gouvernement central à l'égard du Dalai Lama.

Afin de satisfaire les besoins des Tibétains de l'intérieur du pays comme de l'étranger, désireux de rendre visite à leurs parents et d'accroître leurs contacts, le gouvernement central pratique une politique leur accordant la liberté d'aller et de venir, disant que tous les patriotes, qu'ils se rallient à la cause commune de bonne heure ou plus tard, sont d'une même famille, et qu'on ne reviendra plus sur le passé. Du mois d'août 1979 au mois de septembre 1980, les services compétents du gouvernement central ont respectivement reçu trois groupes de visiteurs envoyés par le Dalai Lama, ainsi que deux groupes de Tibétains revenus revoir leurs parents et visiter le pays. La plupart des parents du Dalai Lama qui se trouvaient alors à l'étranger sont revenus en visite au pays et ont rencontré les membres de leurs familles. Depuis 1979, le Tibet et les autres régions habitées par de Tibétains ont reçu à ce titre 8 000 Tibétains résidant à l'étranger, et en ont aidé 2 000 à s'installer définitivement dans le pays.

Il est regrettable que la clique du Dalai Lama, au lieu d'accepter la bonne volonté des autorités centrales, ait mené de plus belle des activités séparatistes. En septembre 1987, le Dalai Lama a annoncé, à la commission pour les droits de l'homme du Congrès américain, son "plan en cinq points" à l'égard du soi-disant statut du Tibet, prônant continullement “l’indépendance du Tibet"; il a comploté et suscité maintes fois de graves émeutes à Lhasa. En juin 1988, il a avancé une proposition à Strasbourg pour une solution au problème du Tibet. Cette proposition est fondée sur sa déclaration selon laquelle le "Tibet est depuis toujours un pays indépendant"; elle fait du problème de l'autonomie d'une communauté ethnique au sein d'un pays celui de relations entre un métropole et un Etat vassal, entre un Etat protecteur et un protectorat. Son essence est de nier la "souveraineté de la Chine sur le Tibet", et de réaliser "l'indépendance du Tibet" sous une forme déguisée. Il s'agit en fait d'une nouvelle version de l'ancien complot des impérialistes de se partager la Chine. Et cette proposition a été naturellement rejetée par le gouvernement central. Ce dernier a déclaré explicitement que l'indépendance du Tibet est impossible, et que l'est également une semi-indépendance ou une indépendance sous une forme déguisée.

Malgré tout, le gouvernement central espère que le Dalai Lama s'arrêtera au bord de l'abîme, et reviendra dans le droit chemin. Début 1989, le Bainqen Lama est mort. Compte tenu des relations religieuses historiques entre le Dalais Lama et le Bainqen Lama, c'est-à-dire entre le maître et le disciple, l'Association chinoise des bouddhistes a invité, avec l'approbation du gouvernement central, le Dalai Lama à revenir participer aux activités organisées à la mémoire du Bainqen Lama. Le président de l'Association, Zhao Bochu, a remis la lettre d'invitation au représentant personnel du Dalai Lama. Cela a fourni à ce dernier qui était en exil depuis 30 ans, une bonne occasion de revenir au pays rencontrer les personnalités des milieux bouddhistes. Or, le Dalai Lama a refusé cette invitation.

En 1989, une nouvelle vague de sentiment anti-chinois a déferlé dans le monde. Nourrissant un objectif politique bien évident, la Commission du Prix Nobel de la paix a décerné le Prix Nobel de la paix pour 1989 au Dalai Lama, ce qui a donné, à ce dernier et aux séparatistes tibétains, un immense encouragement. Depuis lors, le Dalai Lama a voyagé partout dans le monde, prônant son but de scinder le pays.

Par ailleurs, le Dalai Lama a redoublé d'efforts pour créer et susciter des émeurtes dans la région du Tibet. Le 19 janvier 1990, il disait à la radio britannique que, si le gouvernement de Beijing n'avait pas commencé, d'ici un an, à discuter de son plan sur l'autonomie du Tibet, il devrait changer sa position de compromis envers la Chine, car beaucoup de jeunes Tibétains proposent de recourir à la force des armes." A travers des émissions en langue tibétaine de la "Voix de l'Amérique", il affirmait le 4 avril 1991 qu'"il fallait intensifier toute activité en vue de l'indépendance du Tibet"; le 10 octobre 1991, par le même canal, il a proféré des paroles démagogiques:"Actuellement un grand nombre de Han affluent vers le Tibet, de sorte que beaucoup de jeunes Tibétains ne peuvent pas trouver de travail, ce qui a accru l'instabilité sociale au Tibet. Il est par conséquent bien probable qu'éclateront de nouvelles émeutes."

De toute évidence, c'est parce que le Dalai Lama s'obstine dans son dessein de “l’indépendance du Tibet" et poursuit ses activités séparatistes à l'étranger que les contacts entre le gouvernement central et ses représentants se sont terminés sans résultat.

Le 19 mai 1991, le premier ministre Li Peng du Conseil des Affaires d'Etat de la République populaire de Chine a déclaré dans une interview accordée à un journaliste de l'Agence Chine nouvelle à la veille du 40e anniversaire de la libération pacifique du Tibet:"La politique du gouvernement central à l'égard du Dalai Lama est conséquente; elle est restée inchangée jusqu'à aujourd'hui. Nous n'avons qu'un principe de base, à savoir que le Tibet est une partie inaliénable du territoire chinois. Sur ce problème fondamental, il n'y a aucune marge de marchandage. Le gouvernement central a toujours consenti à contacter le Dalai Lama, mais il doit cesser toute activité séparatiste et modifier sa position sur “l’indépendance du Tibet". A l'exception de "l'indépendance du Tibet", tous les autres problèmes peuvent être négociés."

Le gouvernement central est toujours disposé à entamer des négociations avec le Dalai Lama, et poursuit une politique très claire à son égard. Pour assumer sa responsabilité envers l'histoire, envers la nation chinoise, et envers les 1,1 milliard de Chinois, dont les Tibétains, il ne fera en aucun cas de concession sur la question fondamentale qu'est le maintien de l'unité du pays. L'effort pour chercher à parvenir à "l'indépendance du Tibet" en s'appuyant sur les forces extérieures et scinder ainsi la patrie est un acte abominable de trahison envers la patrie et la nation chinose, les Tibétains y compris. Le gouvernement central le stigmatise avec résolution et n'autorisera jamais son aboutissement. Comme par le passé, il continue à mettre en œuvre une politique de privilège et une série de mesures de traitements préférentiels dans son effort pour développer la région du Tibet, en vue d'y resserrer l'union des diverses communautés, de faire prospérer son économie et sa culture, et d'améliorer les conditions de vie des habitants. Toute activité visant à saper la stabilité et l'unité au Tibet, toute tentative de susciter des émeutes ou de l'agitation, sont des infractions à la loi; elles vont à l'encontre de l'intérêt fondamental des populations tibétaines, et elles seront réprimées sévèrement.

A condition que le Dalai Lama renonce à son dessein séparatiste et qu'il reconnaisse le Tibet en tant que partie inaliénable du territoire chinois, le gouvernement central est prêt à négocier à tout moment avec lui, et souhaite le voir revenir au pays le plus vite possible et œuvre au maintien de l'unité du pays, à la solidarité des diverses communautés, à la prospérité et au bonheur des populations tibétaines.

 

Ⅳ Système de servage féodal du Tibet

Avant la réforme démocratique de 1959, le Tibet avait été pendant longtemps une société basée sur le servage féodal, caractérisée par l'union du gouvernement et de la religion et par la dictature des bonzes et des aristocrates. Le servage du Tibet était un régime beaucoup plus obscur et plus cruel que celui qui prévalait au Moyen-Age en Europe. les propriétaires de serfs étaient essentiellement les trois propriétaires de domaines seigneuriaux: les fonctionnaires du gouvernement local, les aristocrates et les bonzes de la couche supérieure des monastères. Ceux-ci représentaient moins de 5% de la population du Tibet, mais possédaient la totalité des terres, des prairies, des forêts, des montagnes, des rivières et le gros du cheptel. Selon des statistiques du début de la dynastie des Qing au XVIIe siècle, le Tibet comptait trois millions de ke de terres cultivées (un hectare = 15 ke), dont 30,9% appartenaient aux fonctionnaires, 29,6 % aux aristocrates et 39,5% aux monastères et aux bonzes de la couche supérieure. Avant la réforme démocratique de 1959, dans tout le Tibet, on comptait 197 familles de nobles héréditaires et 25 familles d'aristocrates dont 7 ou 8 étaient les plus grandes. Chacune d'entre elles possédait plusieurs dizaines de manoirs et quelques dizaines de milliers de ke de terres.

Les serfs représentaient plus de 90% de la population de l'ancien Tibet. Dans la langue tibétaine, ils sont appelés tralpa (hommes cultivant un lopin de terre et fournissant un travail gratuit à leurs propriétaires), ou bien duigoin (petits foyers fumants). Dépourvus de terres et de liberté individuelle, ils vivaient dans le manoir de leur seigneur auquel ils étaient attachés. Et les nangzan, qui représentaient 5% de la population tibétaine, étaient des serfs héréditaires, dépourvus de moyens de production et de la quasi-totalité de leur liberté personnelle.

Les propriétaires de serfs possédaient les serfs qu'ils considéraient comme leur propriété privée et qu'ils employaient à leur gré. Ils pouvaient également les vendre, les acheter, les transférer, les céder en cadeau, s'en servir pour payer des dettes et les échanger. Selon des documents historiques, en 1943, le grand aristocrate Chengmoim Norbu Wanggyai avait vendu 100 serfs à un fonctionnaire ecclésiastique de Garzhol Kamsa dans la région de Zhigoin pour 60 liang d'argent tibétain pièce (environ 4 taëls d'argent); il avait payé ses dettes d'un montant de 3 000 pin d'argent tibétain (environ 10 000 taëls d'argent) au temple Gundelin avec ses 400 serfs. Les propriétaires de serfs détenaient le pouvoir de décision sur la vie, la mort et le mariage de leurs serfs. Le serf et la serve qui n'avaient pas le même seigneur devaient payer des "frais de rachat" lors de leur mariage; les serfs pouvaient s'échanger contre les serfs et les serves contre les serves; le mariage des serfs ne modifiait pas le rapport d'appartenance des mariés; si ceux-ci avaient un garçon, ils le donnaient au seigneur du mari (si c'était une fille, au seigneur de la femme); la naissance d'un enfant devait être déclarée et enregistrée; cet enfant était condamné à rester serf toute sa vie.

Les propriétaires de serfs exploitaient les serfs par le biais des corvées et des prêts usuraires. Dans l'ancien Tibet, le régime de corvées et d'impôts était très cruel: certains inscrits sur le registre de comptabilité étaient perpétuels, certains autres étaient temporaires. Selon des statistiques partielles, les corvées et les impôts que le gaxag (gouvernement local) imposait aux serfs étaient de plus de 200 sortes. Les corvées imposées par le gaxag et par les propriétaires de domaines représentaient plus de 50% du travail fourni par les familles de serfs, voire 70-80%. Les enquêtes menées avant la réforme démocratique montrent que le manoir Daronggang que possédait le régent Dagzhag du XIVe Dalai Lama s'étendait sur 1 445 ke, sur lesquels travaillaient 81 serfs à plein temps ou à mi-temps, ce qui représentait 21 260 journées de travail gratuit par an, soit autant que le travail de 67,3 personnes durant toute une année. Ainsi, 83% des serfs étaient dans l'obligation d'assumer des corvées pour les propriétaires tout au long de l'année.

Les serfs qui travaillaient avec assiduité des mois et des années sans pouvoir gagner suffisamment pour se nourrir et se vêtir vivaient souvent de prêts usuraires. Le taux d'intérêt des prêts était en général très élevé. Les prêts d'argent et de céréales, consentis par les monastères, l'étaient à un taux respectivement de 30% et de 20-25%, et ceux consentis par les aristocrates, de 20% et de 20-25%.

Le gaxag avait mis en place des établissements de prêts. Les Dalais Lamas en possédaient deux en leur temps. Selon une partie des livres de comptabilité de ces deux établissements datant de 1950, les prêts usuraires représentaient 3 038 000 liang d'argent tibétain.

L'intérêt des prêts usuraires s'accumulait, rendant impossible leur acquittement, on parlait de "dette pour la postérité", et provoquant la ruine complète des débiteurs et des garants, c'était le cas de la "dette pour le garant". Le grand-père d'un serf appelé Cering Goinbo, du district de Maizhokunggar, avait demandé au monastère de Sera un prêt de 50 ke de céréales (un ke = 14 kg). Son grand-père, son père et lui avaient dû payer, rien qu'en intérêts, pendant 77 ans, 3 000 ke de céréales. Mais le créancier dit à Ciren Goinbo qu'il avait encore 100 000 ke à payer. Un serf appelé Danzin du district de Donggar avait demandé un prêt d'un ke d'orge qingke au propriétaire en 1941, celui-ci lui demandait de lui en rendre 600 ke en 1951. Le serf, à bout de ressources, s'échappa. Sa femme fut menacée de mort et son fils de sept ans servit à payer sa dette.

Pour défendre les intérêts des propriétaires de serfs, les gouvernemnts tibétains avaient élaboré une série de lois. Selon le "Code en 13 articles " et le "Code en 16 articles" en vigueur depuis des centaines d'années, les gens étaient classés en trois catégories hiérarchisées et neuf échelons; ils n'étaient jamais égaux devant la loi. Les deux codes stipulaient:"Il ne faut pas se quereller avec les hommes éminents en talent et en vertu", "un inférieur qui bat un supérieur, un petit fonctionnaire qui se dispute avec un haut fonctionnaire sont coupables et doivent être arrêtés", "celui qui refuse de se soumettre à son maître doit être arrêté", "les gens du peuple qui se querelllent avec un fonctionnaire doivent être arrêtés". "Celui qui réclame justice devant le palais d'un prince, est considéré comme un homme non conforme aux convenances, et doit être arrêté et fouetté", etc. La gravité du crime et la punition d'un coupable étaient différentes selon le rang auquel ce coupable appartenait. En ce qui concerne le prix de la vie d'une personne assassinée, le Code stipulait: "De même que les gens n'appartiennent pas tous à la même catégorie, le prix de leur vie varie". La vie des gens des catégories supérieures comme les princes, les grands bouddhas vivants, etc., et leur corps valaient leur pesant d'or; ceux des gens des catégories inférieures comme les femmes, les bouchers, les chasseurs et les forgerons etc. n'avaient pas plus de valeur qu'une corde de paille. En ce qui concerne la compensation versée à un blessé, le Code stipulait:"un serviteur qui blesse un maître aura les mains ou les jambes coupées, tandis qu'un maître qui blesse un serviteur n'aura qu'à faire soigner le blessé, sans avoir besoin de lui payer de compensation.

Les propriétaires de serfs disposaient de prisons privées, permises par les lois écrites et les anciens usages. Non seulement les autorités locales disposaient de tribunaux et de prisons, mais aussi les grands monastères. Les propriétaires de manoirs disposaient eux aussi de prisons dans leurs domaines. Les châtiments corporels: yeux arrachés, oreilles coupées, bras et jambes coupés, tendon arraché ou noyade, étaient aussi barbares que cruels. Au monastère Gandan, l'un des plus grands temples du Tibet, on trouve un grand nombre de fers pour les pieds, de barres et d'autres instruments de torture utilisés pour arracher les yeux et les tendons. Lors d'une Exposition des données sociales et historiques du Tibet, organisée au Palais des nationalités de Beijing, on a pu voir beaucoup de pièces à conviction et de photos montrant les membres coupés et les peaux écorchées par des propriétaires de serfs.

Au cours de la longue période du régime de servage féodal, les serfs et éleveurs étaient opprimés sur le plan politique et exploités sur le plan économique. Ils vivaient dans la panique, de peur d'être persécutés d'un moment à l'autre. Parmi les serfs on disait couramment:"Ce qu'on peut emporter, c'est son ombre, ce qu'on peut laisser, ce sont ses empreintes". C'est ainsi que l'on peut dire que l'ancien Tibet était une des régions du monde où les droits de l'homme étaient le plus gravement violés. Les travailleurs tibétains n'ont cessé de lutter contre la cruauté et l'oppression du régime de servage féodal. La pétition, la fuite, le refus de payer le fermage et de fournir les services de corvée, voire la lutte armée ont été utilisés pour revendiquer leurs droits. Mais, leurs revendications se heurtaient à une répression cruelle des trois catégories de grands propriétaires de domaines. La loi de l'ancien Tibet stipulait que "les rebelles sont, sans aucune exception, des coupables de premier ordre". Non seulement ils étaient condamnés à mort, mais de plus leurs biens étaient confisqués et leur femme réduite à l'esclavage. Le Ve Dalai Lama avait décrété:"Les gens du peuple de Lhari Ziba m'écoutent...si vous chercherez à retrouver la liberté et le confort, je donnerai pouvoir à Lhariziba de couper vos bras et jambes, d'arracher vos yeux, de vous battre et tuer." Ce décret a été réitéré à plusieurs reprises par ses successeurs.

 

Ⅴ Liberté individuelle

En 1951, "l'Accord en 17 points" sur les mesures pour la libération pacifique du Tibet signé entre le gouvernement central et les autorités locales a apporté aux Tibétains un espoir de jouir de l'égalité des droits individuels. Après la répression de la rébellion de 1959, le gouvernement central, conformément à la volonté du peuple tibétain, a procédé à la réforme démocratique au Tibet et mis fin au régime du servage féodal extrêmement obscur. C'est ainsi qu'un million de serfs et d'esclaves ont été émancipés. Ils ne sont plus considérés comme la propriété privée des propriétaires de serfs, qu'on peut vendre, racheter, transférer, échanger et dont on peut se servir pour payer des dettes, et ils ne sont plus forcés à travailler. Ils obtiennent désormais le droit à la liberté personnelle. Il s'agit là d'un grand événement qui fait époque dans l'histoire du Tibet.

La réforme démocratique a permis d'abroger la propriété des moyens de production des propriétaires de serfs. Les terres que les propriétaires de serfs ayant participé à la rébellion possédaient ont été réparties entre les serfs et les esclaves sans terre. Les 443 serfs du manoir de Kesong, dans le district de Nedong de la préfecture de Shannan, ont obtenu 1 696 ke de terres. Les serfs ont dansé autour d'un feu de joie, en brûlant des titres de bail et des reconnaissances de prêts. Soinam, 75 ans, a dit:"Autrefois, on cultivait les terres des propriétaires, on y était attaché jour et nuit; étant réveillé à minuit pour accomplir des services, on n'osait pas attendre le lendemain pour les faire. Maintenant, on me donne des terres, je dors et mange bien. Je souhaite vivre encore longtemps pour connaître la vie heureuse des années à venir." Les terres et les moyens de production des propriétaires de serfs non engagés dans la rébellion ont été rachetés par l'Etat en vertu de la politique fixée. Les 1 300 propriétaires de serfs et leurs régents qui n'avaient pas pris part à la rébellion ont touché 45 millions de yuans pour leurs 900 000 km2 de terres et 820 000 têtes de bétail rachetés par l'Etat.

Grâce à l'abolition des codes de l'ancien Tibet, les gens ne sont plus classés en trois catégories hiérarchisées et en neuf échelons. Les châtiments barbares sont interdits, les prisons privées ont été éliminées. La Constitution de la Chine nouvelle assure à chacun le droit à la vie et à la sécurité.

Les travailleurs tibétains sont libérés de lourds services de corvée, des impôts et des prêts usuraires. Le fruit de leur labeur leur revient. Ils font preuve d'une ardeur sans précédent au travail. La production céréalière en 1960 avait augmenté de 12,6% par rapport à 1959, et le nombre de têtes de bétail de 10%. Les Tibétains commencent à jouir du droit à l'existence, ils peuvent désormais manger à leur faim et s'habiller chaudement.

 

Ⅵ Droits politiques des Tibétains

Dans l'ancien Tibet, le régime politique était caractérisé par "l'union du gouvernement et de la réligion", régime dominé par les propriétaires de domaines seigneuriaux. Le Dalai Lama, en tant que chef de la secte bouddhique tibétaine de Gelug-pa, était le chef du gouvernement local. Il détenait à lui seul la totalité des pouvoirs dans les domaines politique et religieux. Le gouvernement local de l'ancien Tibet pratiquait un double système d'administration, c'est-à-dire qu'il y avait à la fois des fonctionnaires ecclésiastiques et des fonctionnaires laïques; en général les fonctionnaires ecclésistiques possédaient plus de pouvoirs que les fonctionnaires laïques; dans certaines régions, cependant, il n'y avait que des fonctionnaires ecclésiastiques et pas de fonctionnaires laïques. A toutes les "réunions élargies des fonctionnaires" convoquées pour discuter les affaires importantes, il fallait inviter les responsables des trois grands monastères (Gandan, Sera et Zhaibung) et des quatre grands temples Gundeling, Dangyailing, Cemoinling et Cejoiling à y participer. Les résolutions prises à l'issue de ces réunions ne pouvaient entrer en vigueur qu'après avoir été acceptées par le gouvernement local et par les trois grands monastères.

La réforme démocratique en 1959 a mis fin à la théocratie et a abouti à un régime politique de démocratie populaire. Il est stipulé dans la Constitution de la Chine nouvelle que les Tibétains de même que les autres communautés ethniques sont maîtres de l'Etat et jouissent de tous les droits politiques prévus par la loi.

Tous les citoyens de la région autonome du Tibet ayant dix-huit ans révolus ont le droit d'élire et d'être élus, sans distinction d'appartenance ethnique, de sexe, de profession, d'origine sociale, de religion, de niveau d'instruction, de situation financière et de durée de résidence. Ils élisent directement leurs représentants aux assemblées populaires des districts, des cantons et des bourgs, qui, eux, élisent à leur tour les membres de l'Assemblée populaire nationale et des assemblées populaires de la région autonome et des municipalités. C'est par l'intermédiaire des assemblées populaires que la population exerce son pouvoir de gestion des affaires locales. Etant devenus maîtres de leur propre destin, les Tibétains éprouvent un grand enthousiasme politique et exercent activement leur pouvoir. Lors des élections des représentants à la 5e assemblée populaire de la région autonome du Tibet en 1988, selon des statistiques concernant Lhasa, Naggu, Xigaze, Nyingchi et Shannan, 93,88% des électeurs ont voté. Pour que les illettrés puissent aussi participer aux élections, beaucoup de bureaux de vote leur permettent de remplacer le bulletin de vote par des grains de soja; ces électeurs doivent déposer un grain dans le bol représentant le candidat de leur choix, et le candidat qui obtient le plus de grains est élu. A l'heure actuelle, les représentants des minorités ethniques dont la plupart sont tibétains constituent plus de 95% des membres des assemblées de districts et de préfectures, et plus de 82% au niveau de la région autonome du Tibet. Dans les 75 districts (municipalités et arrondissements) que compte la région autonome, la majorité écrasante des présidents actuels de comités permanents des assemblées populaires étaient dans le passé des serfs ou des esclaves.

Pour s'assurer que les personnalités de tous les milieux sociaux et des différents secteurs du Tibet peuvent toutes exprimer pleinement leur opinion et jouer un rôl dans la vie politique et sociale, le Tibet a créé en 1959 "le Comité tibétain de la Conférence consultative politique du peuple chinois". Il s'agit d'une organisation dans le cadre du plus large front uni patriotique sous la direction du Parti communiste chinois et d'une importante organisation politique au sein de laquelle les divers partis et groupements travaillent en étroite collaboration, procèdent à des consultations politiques, se supervisent l'un l'autre et développent la démocratie socialiste. Les caractéristiques de cette organisation ont été pleinement mises en valeur au Tibet. Le Comité tibétain de la CCPPC a admis des personnalités de différents milieux tibétains ainsi que d'autres groupes ethniques. Parmi elles, pas mal sont des fonctionnaires ecclésiastiques ou laïques patriotes de l'ancien gouvernement local du Tibet ou des membres de la couche supérieure religieuse. Citons par exemple Pagbalha Geleg Namgyai, grand bouddha vivant de la préfecture de Gamdo, actuel vice-président du Comité national de la CCPPC et vice-président du Comité permanent de l'Assemblée populaire de la région autonome du Tibet, et Lhalu, grand noble et galoin du gouvernement local de l'ancien Tibet, actuel vice-président du Comité tibétain de la CCPPC. Ces personnalités, par l'intermédiaire de la conférence consultative politique, participent aux affaires de l'Etat et aident le gouvernement à prendre des décisions. Lors de toutes les conférences consultatives politiques précédentes, ils ont présenté des motions portant sur les communautés ethniques, la religion, la culture et l'éducation, les sciences et techniques, la santé publique, l'agriculture, l'élevage, la sylviculture, le développement urbain et rural, la protection de l'environnement, etc., ce qui a contribué à maintenir l'unité de la patrie, à renforcer l'union des diverses communautés ethniques, à s'opposer aux activités séparatistes aux dépens de la nation, à perpétuer et à développer la culture traditionnelle de la région, à accélérer le développement de l'économie locale du Tibet et à promouvoir la réforme et l'ouverture.

En vertu de la Constitution chinoise, le Tibet connaît l'autonomie régionale des minorités ethniques. Dès mars 1955, le gouvernement central a décidé de fonder le Comité préparatoire pour la région autonome du Tibet. En septembre 1965, a eu lieu à Lhasa la première session de la première Assemblée populaire de la région autonome du Tibet, durant laquelle a été officiellement proclamée la région autonome du Tibet. Les représentants tibétains participant à l'assemblée sont pour la plupart des serfs ou des esclaves émancipés, mais il y a aussi des patriotes et des religieux. A l'assemblée, M. Ngapoi Ngawang-Jigme a été élu président du Comité du peuple de la région autonome du Tibet. Les serfs et les esclaves, après avoir brisé le joug du servage féodal, ont obtenu des droits égaux sur les plans politique et national.

Il est stipulé dans la "Loi de la République populaire de Chine concernant l'autonomie régionale des minorités ethniques":"Les assemblées des régions autonomes des minorités ethniques ont le droit d'établir des règlements autonomes et des règlements spécifiques sur l'exercice de l'autonomie, en tenant compte des particularités politiques, économiques et culturelles des communautés ethniques locales." L'Assemblée populaire de la région autonome du Tibet, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la loi sur l'autonomie régionale des minorités ethniques, a formulé, à partir de 1965, plus de 60 règlements, décrets, décisions ou résolutions correspondant aux conditions réelles et aux intérêts de la population du Tibet, dont le contenu touche différents domaines: politique, économique, culturel, de l'éducation etc. Citons comme exemple les "Règlements sur la procédure de l'Assemblée populaire de la région autonome du Tibet", la "Procédure de l'élaboration de lois locales de la région autonome du Tibet", les "Méthodes de gestion des entreprises minières collectives et privées dans la région autonome du Tibet", les "Règlements concernant l'étude, l'usage et le développement de la langue tibétaine dans la région autonome du Tibet", les "Règlements concernant la protection et la gestion des vestiges et des monuments", les "Dispositions particulières à la région autonome du Tibet pour l'application de la 'Loi de la République populaire de Chine sur le mariage". L'élaboration et l'application de ces lois et décrets locaux constituent une importante garantie légale de l'exercice des divers droits démocratiques dont jouissent les Tibétains et du développement social, économique et culturel local.

Pour que la population tibétaine exerce son pouvoir de gestion des affaires de l'Etat et locales, le gouvernement central attache une grande importance à la formation de cadres tibétains. Actuellement, dans la région autonome du Tibet, on compte 37 000 cadres dirigeants tibétains; les fonctions principales de responsables des assemblées populaires, de la Conférence consultative politique et des autorités populaires locales de tous échelons sont assumées par des Tibétains. Les cadres tibétains représentent 66,6% des cadres au Tibet, 71,7% des cadres au niveau de la région autonome et 74,8% au niveau des districts. Par ailleurs, les femmes, dans l'ancien Tibet, étaient considérées comme inférieures, mais de nos jours elles sont mieux considérées; en 1986, elles représentaient déjà 30% des cadres dans l'ensemble de la région. Cinq d'entre elles sont maintenant cadres au niveau de la région autonome, 38 au niveau des préfectures et 232 au niveau des districts. Les cadres du Tibet sont principalement des serfs et des esclaves émancipés; on y trouve aussi des patriotes de divers milieux. En ce qui concerne les propriétaires de serfs et leurs régents qui avaient participé à la rébellion, on leur a aussi donné un poste adéquat, à condition qu'ils renoncent à leur position réactionnaire et qu'ils possèdent une spécialité quelconque pour pouvoir travailler pour le pays et pour le peuple.

Sur le plan judiciaire, non seulement les Tibétains jouissent, comme les habitants des autres régions, de tous les droits prévus par la loi, mais aussi de droits prévus particuliers à la région autonome du Tibet. L'Assemblée populaire de la région autonome du Tibet a stipulé:"Les tribunaux et les parquets à tous les échelons doivent protéger le droit des citoyens tibétains à utiliser leur propre langue parlée et écrite au cours des procès. En ce qui concerne les procès intentés par des Tibétains, on doit utiliser le tibétain pour examiner et traiter les affaires, et dresser les documents juridiques." Maintenant, les responsables principaux des parquets et des tribunaux à tous les échelons au Tibet sont tous tibétains.

 

Ⅶ Développement économique et amélioration des conditions de vie

Le long règne du servage féodal a gravement entravé le développement des forces productives du Tibet, de sorte que l'économie de cette région est depuis longtemps affectée d'un retard extrême. Le labour et le battage se faisaient principalement à l'aide de yacks. Dans certains endroits, on pratiquait encore une culture sur brûlis primitive. En 1952, le rendement céréalier par mu (un mu = 1/15 ha) n'était au Tibet que de 80 kg, et la quantité de grains disponibles par habitant de 125 kg. L'élevage dépendait de la nature, les catastrophes naturelles causaient souvent la mort d'une grande quantité de bestiaux. En 1952, il n'y avait que 9,74 millions de bêtes de bétail dans l'ensemble de la région. Dans l'ancien Tibet, l'artisanat était tès arriéré, à plus forte raison donc l'industrie moderne. Le transport des marchandises et du courrier se faisait à dos d'homme et de bestiaux. Sur la rive Yarlung Zangbo qui traverse le Tibet, il n'y avait pas un seul pont, à l'exception de quelques ponts flottants construits sous la dynastie des Ming. Faute de routes, on fut obligé de démonter la voiture offerte par un Britannique au Dalai Lama afin de la faire porter à Lhasa par des yacks. Dans l'ancien Tibet, on connaissait une grave pénurie d'énergie; à la veille de la libération en 1950, il n'y avait qu'une seule centrale hydro-électrique d'une capacité de 125 kW, qui fournissait seulement par intermittence. Par suite du retard économique et de l'exploitation cruelle par les propriétaires de serfs, la grande masse des gens se trouvait dans une situation extrêmement misérable. Rien qu'à Lhasa, capitale du Tibet, où il y avait seulement un peu plus de 20 000 habitants avant la réforme démocratique, on pouvait trouver un millier de tentes, dressées autour de la ville, habitées par des pauvres et des mendiants. Les prisons n'offraient pas de nourriture aux prisonniers qui, les menottes aux poignets et la cangue au cou, mendiaient de porte en porte, et partout des gens mouraient de faim et de froid.

La réforme démocratique a considérablement mobilisé l'ardeur des paysans et des éleveurs à la production. Ces 40 dernières années, et en particulier ces dix dernières années, depuis la mise en œuvre de la politique de réforme et d'ouverture, la population tibétaine, soutenue par le gouvernement central et le pays entier, développe la production et déploie tous ses efforts pour se sortir de la pauvreté, si bien que toute la société tibétaine a connu un énorme changement.

L'agriculture et l'élevage occupent la place la plus importante dans la vie économique du Tibet. Au début de la réforme démocratique, les autorités centrales et les instances locales du Tibet avaient déjà formulé une série de principes politiques et de mesures conformes à la réalité locale pour développer l'agriculture et l'élevage, et avaient accordé à cet effet une aide considérable dans les domaines financier et matériel, ce qui a permis d'élever sensiblement le niveau de la production agricole et de l'élevage. La production de céréales est passée de 180 tonnes en 1959 à 315 en 1966, soit une augmentation de 8,3% en moyenne par an; le bétail, quant à lui, est passé de 9,556 à 18,175 millions de têtes, soit une augmentation de 90,2%; et les conditions de vie de la population ont commencé à s'améliorer.

A partir de 1980, le gouvernement central a exempté les paysans et les éleveurs tibétains d'impôts sur l'agriculture et sur l'élevage. En 1984, il a décidé non seulement de continuer à exonérer d'intérêts les crédits à l'agriculture et à l'élevage, mais aussi de ne plus demander le remboursement des prêts accordés aux collectivités pour la construction d'ouvrages hydrauliques ou l'achat de machines agricoles. Dans les régions agricoles et d'élevage, on a mis en pratique le système de responsabilité dans la production sous des formes multiples, en particulier le système de contrats signés avec les familles, on a également développé les occupations familiales d'appoint, restauré les marchés ruraux et entrepris, sur une vaste échelle, des travaux d'infrastructure concernant l'agriculture et l'élevage. Avant la Libération, il n'y avait guère de machines agricoles ni d'engrais chimiques au Tibet. Aujourd'hui, cependant, les paysans se sont mis à acheter des tracteurs. L'amélioration des outils de production et le recours aux sciences et techniques ont permis un développement généralisé de la production. En 1991, la valeur de la production agricole du Tibet a été de 2 046 millions de yuans, soit 3,4 fois plus qu'en 1952; la production céréalière a été de 580 tonnes, et le rendement par mu de 224 kg, soit respectivement 2,7 et 1,8 fois plus qu'en 1952. Bien qu'en 1991 la population tibétaine ait doublé par rapport à 1952, la quantité de céréales disponibles en moyenne par habitant a été de 290,5 kg, soit 1,2 fois plus qu'en 1952. La production de produits animaux a augmenté dans une forte proportion; en 1991, la production de viande a été de 91 000 tonnes, et celle de lait de 177 000 tonnes.

Ce n'est qu'après la réforme démocratique que l'industrie moderne a fait son apparition au Tibet. En 1965, on y avait créé 80 entreprises industrielles spécialisées dans les domaines suivants: le bâtiment, l'énergie électrique, la réparation automobile, l'exploitation forestière, la tannerie, le borax, le charbon, etc., qui employaient une dizaine de milliers de personnes, et la valeur de la production industrielle a atteint cette année-là 28,83 millions de yuans. Le gouvernement a accordé une grande attention au développement de l'artisanat local. En 1965, ce dernier comptait 33 branches, et la valeur de sa production annuelle était passée de 1,24 million de yuans avant la réforme démocratique à 8,9 millions de yuans, soit une multiplication par 6,2. Le Tibet est une des régions de Chine les plus pauvres en ressources énergétiques; il manque de pétrole et de charbon; en vue de remédier à cette situation, on a construit en 1956 une centrale électrique à Lhasa. Il s'agit de la première entreprise d'énergie électrique d'utilité publique du Tibet. Ce dernier est riche en ressources géothermiques. Avec la mise en service de la plus grande centrale géothermique de Chine construite à Yangbajain grâce à des investissements de l'Etat, la capacité installée des générateurs au Tibet a atteint 140 000 kW en 1991 et la production annuelle d'électricité, 400 millions de kW. A l'issue de 40 ans d'efforts, le Tibet possède actuellement plus de dix industries modernes: production d'énergie électrique, extraction de minerais, matériaux de construction, exploitation forestière, filature de la laine, imprimerie, denrées alimentaires, etc.; les entreprises d'Etat emploient 51 000 personnes. La valeur de la production industrielle a été de 403 millions de yuans en 1991, soit 4,3 fois plus qu'en 1959. La valeur de la production de l'artisanat local s'est élevée à 46 millions de yuans, soit 8 fois plus qu'en 1980.

Dans le passé, il n'y avait pas une seule route digne de ce nom au Tibet. Après la Libération pacifique, les premières constructions de grande envergure réalisées furent les routes menant du Sichuan à Lhasa et du Qinghai à Lhasa., routes construites dans des régions montagneuses à une altitude moyenne de 3 000 mètres. La route Sichuan-Tibet est longue de 2 413 km, et la route Qinghai-Tibet de 2 122 km. Par la suite, on a construit les routes principales Xinjiang-Tibet et Yunnan-Tibet, Chine-Népal. A l'heure actuelle, on compte 15 routes principales et 315 routes secondaires, soit un réseau de 21 842 km dans l'ensemble du Tibet. La route dessert maintenant tous les chefs-lieux de districts et 77% des cantons, à l'exception de Medong situé dans des montagnes éloignées. Afin d'aider le Tibet à surmonter les difficultés d'approvisionnement en combustibles, l'Etat a financé la construction d'un oléoduc de Golmud au Qinghai à Lhasa, d'une longueur de 1 080 km, qui contribue à garantir l'approvisionnement en énergie du Tibet et son développement économique. Pour répondre aux besoins de l'ouverture du Tibet au monde extérieur, après la ligne aérienne Lhasa-Beijing en 1956, on a ouvert successivement des lignes aériennes de Lhasa à Chengdu, Xi'an, Lanzhou, Shanghai et Guangzhou ainsi qu'une ligne aérienne internationale de Lhasa à Katmandou au Népal.

Dans l'ancien Tibet, il n'y avait pas du tout de science et de technologie modernes. Après la réforme démocratique, on a créé des institutions de recherches en agriculture, élevage, communications, énergie électrique, bâtiment, géologie, hydraulique, météorologie, santé publique, médecine et pharmacopée tibétaines, éducation etc., et on a formé aussi un grand nombre de scientifiques et techniciens tibétains. L'Académie des sciences sociales de la région autonome du Tibet a été fondée en 1985. Actuellement, le Tibet compte 17 institutions de recherches spécialisées, qui emploient 26 900 spécialistes dans différents domaines. Au cours des 40 dernières années, 347 réalisations scientifiques et techniques ont obtenu des prix décernés par la région autonome. Là-dessus, 21 acquis comme "l'exploitation et l'usage d'ensemble de l'énergie solaire au Tibet" ont remporté des prix d'Etat.

Les sommets enneigés, les monastères célèbres et les sites historiques du plateau du Tibet attirent un grand nombre d'exploirateurs et de touristes. Avec l'ouverture sur l'extérieur du Tibet, le tourisme commence à se développer. Actuellement, le Tibet compte 11 agences touristiques, 19 hôtels ouverts aux étrangers avec 3 600 lits, et plus de 60 sites pittoresques. De 1980 à 1991, il a accueilli 150 900 touristes étrangers.

Grâce à 40 ans d'efforts, le niveau de vie des Tibétains s'est sensiblement amélioré, les problèmes de nourriture et d'habillement ont été résolus pour la grande majorité des payans et des éleveurs, et un certain nombre d'entre eux se sont déjà enrichis. Le revenu net des paysans et des éleveurs de la région a été en moyenne de 455 yuans par personne en 1991, compte tenu de la hausse des prix; il a ainsi été 1,6 fois supérieur à celui de 1979 (159 yuans). Le revenu annuel des 75 familles du village de Zhuju, dans le district de Yadong situé au pied de l'Himalaya a été de 361 600 yuans en 1986, 74 familles de ce village ont construit de nouvelles maisons. Le revenu annuel des citadins a été de 2 120 yuans en moyenne par personne, soit 2,3 fois plus qu'en 1981. A la fin de 1991, le montant des épargnes dans les villes et bourgs a été de 492,4 millions de yuans, soit une augmentation de plus de 500 fois par rapport à 1959. Les familles d'agriculteurs et d'éleveurs possèdent déjà une quantité non négligeable de moyens de production: 6 021 yuans de biens immobiliers à usage productif et 75 têtes de bétail en moyenne par famille; 9 automobiles, 6 tracteurs grands ou petits, 3 batteuses à moteur et 12 voitures à cheval en moyenne pour cent familles.

La consommation en nature des paysans et des éleveurs a augmenté dans une forte proportion par rapport à avant la Libération. En 1991, la consommation moyenne de céréales par habitant était de 183,6 kg, celle d'huile de 3,6 kg, celle de viande de 14,7 kg et celle de lait de 50 kg. Même s'ils restent fidèles à leur régime traditionnel, la structure de leur consommation alimentaire tend à se diversifier, avec une consommation croissante de légumes, de volaille, d'œufs, de vin, de friandises et de gâteaux.

L'habitat a également connu une amélioration évidente. Selon les statistiques de l'ancien gouvernement du Tibet, sur le million d'habitants que comptait le Tibet en 1950, 900 000 n'avaient pas de logement. A l'heure actuelle, toutes les familles ont un logement fixe, à l'exception de celles qui habitent dans des régions d'élevage. En 1991, la superficie de logement des citadins a atteint 13,7 m2 par habitant. Dans le district de Gyangze de la préfecture de Xigaze, 80% des 56 700 habitants ont emménagé dans de nouveaux logements, et la superficie de logement en moyenne par habitant est de 40 m2.

Le mode de vie traditionnel des Tibétains tend également à se moderniser. Selon une enquête sur échantillons, pour cent ménages citadins on compte 212 vélos, 88 téléviseurs couleur, 84 magnétophones, 42 machines à laver, 24 réfrigérateurs et 26 appareils photographiques. Grâce au développement des diverses institutions culturelles, la vie spirituelle et culturelle des Tibétains s'enrichit de jour en jour.

Du fait des conditions naturelles extrêmement défavorables et de l'état de développement social extrêmement arriéré, le niveau de développement économique et de vie des Tibétains reste aujourd'hui encore inférieur à la moyenne du pays. En 1989, les autorités de la région autonome du Tibet ont formulé une "stratégie de développement économique et social du Tibet", selon laquelle le Tibet doit s'ouvrir aux autres régions du pays et à l'étranger, développer les marchés à l'intérieur de la région et exploiter les possibilités d'accès aux marchés intérieurs et extérieurs du pays, mettre en valeur les ressources naturelles et développer en priorité les régions et les industries clés, cela afin de réduire au plus vite l'écart de développement économique entre le Tibet et le reste du pays et de jeter une base solide pour la prospérité commune de la communauté tibétaine et des autres communautés du Tibet.

 

Ⅷ Liberté de croyance religieuse

Au Tibet, la plupart des gens pratiquent le bouddhisme tibétain, et on n'y compte que 2 000 musulmans et 600 catholiques.

Le respect et la protection de la liberté des croyances religieuses constituent une des politiques fondamentales du gouvernement chinois. Depuis la libération pacifique du Tibet, les organismes de tous les échelons du Tibet appliquent sérieusement la politique de liberté de croyance religieuse, s'attirant ainsi les éloges des croyants et des athées. Sous la protection de la Constitution et des lois de l'Etat, les Tibétains jouissent de la liberté d'organiser des activités religieuses normales. On voit dans presque toutes les familles bouddhistes une petite salle de culte et une niche de bouddha. Chaque année, plus d'un million de croyants vont à Lhasa en pèlerinage. Au Tibet, on trouve partout des bannières hissées par des fidèles et des monticules de mani. Devant ou dans le monastère Jokhang et d'autres monastères connus, de nombreux fidèles se prosternent, front au sol, psalmodient des canons bouddhiques en tournant un moulin à prières et encensent le bouddha.

Durant la "révolution culturelle", la politique de liberté de croyance religieuse a été gravement sabotée au Tibet ainsi que dans les autres régions du pays. Des lieux de culte ont subi de graves saccages et dégâts. Après la "révolution culturelle", le Tibet a remis en vigueur totalement la politique de liberté de croyance religieuse. A partir de 1980, les autorités locales ont fait d'énormes d'efforts pour protéger la liberté de croyance religieuse des citoyens: rétablissement et création des organisations religieuses et réparation des injustices et des verdicts erronés. Depuis une dizaine d'années, le gouvernement a alloué au Tibet plus de 200 millions de yuans pour la restauration du monastère Jokhang (construit au VIIe siècle), du monastère Samye (construit au VIIIe siècle par le roi des Tubo), et des quatre plus célèbres monastères de la secte Gelug-pa du bouddhisme tibétain: monastère Zhaibung, monastère Sera, monastère Gandan et monastère Tashilhunpo. Quant aux travaux d'entretien du Potala, l'Etat y a consacré plus de 40 millions de yuans. En 1984, les autorités centrales ont accordé au Tibet 6,7 millions de yuans, 111 kg d'or, plus de 2 000 kg d'argent et une énorme quantité de perles et de diamants afin de restaurer les stûpas et les mausolées du Ve jusqu'au IXe Bainqen Lama. Les travaux se sont déroulés sous la direction générale du Xe Bainqen Erdini. Jusqu'à présent, 1 400 lieux de culte ont été restaurés et ouverts, satisfaisant ainsi les besoins des fidèles. Le gouvernement s'efforce de retrouver les statues de bouddha et les objets bouddhiques perdus pendant la "révolution culturelle", et les rend aux monastères, - ce dont se félicitent les bonzes et les gens ordinaires.

Depuis des années, les collectivités religieuses au Tibet organisent indépendamment leurs activités religieuses. La filiale tibétaine de l'Association des bouddhistes de Chine a créé en 1983 l'Institut de bouddhisme du Tibet, et a ouvert, dans des monastères appartenant à différentes sectes, des cours d'explication des canons bouddhiques où étudient environ 3 000 Tibétains. Tous les ans, la filiale recommande un certain nombre de bouddhas vivants et de lamas à l'Institut supérieur de bouddhisme de Chine à Beijing (où on enseigne en tibétain), pour qu'ils approfondissent leurs connaissances bouddhiques. En 1984, les autorités locales de la région autonome ont offert à la filiale tibétaine l'édition xylographique de Lhasa du Gangyur de Tripitaka conservée dans les archives, et lui a accordé 500 000 yuans pour construire l'imprimerie de textes bouddhiques de Lhasa, qui a reproduit ces dernières années plus de 1 000 exemplaires du Gangyur de Tripitaka à l'usage des monastères des régions tibétophones. En 1990, après avoir reçu du gouvernement central une aide de 500 000 yuans, la filiale tibétaine a enrepris, au monastère Muru (à Lhasa), de publier l'édition de Lhasa du Gangyur de Tripitaka en tibétain, pulication déjà tentée par le XIIIe Dalai Lama, mais sans succès. En 1985, la filiale a fondé la revue Bouddhisme tibétain. Actuellement, on compte dans la région autonome plus de 34 000 bonzes et bonzesses. 615 personnalités des milieux religieux ont été élues députés aux assemblées populaires, membres des comités de la Conférence consultative politique du peuple chinois à divers échelons, membres du conseil d'administration de la filiale tibétaine, et occupent même des postes dans le gouvernemnt. Elles participent aux affaires politiques et apportent leur contribution au développement du Tibet comme les autres citoyens.

Le gouvernement chinois respecte et protège les cérémonies et les coutumes religieuses traditionnelles de toutes les sectes. Selon les dogmes et les usages courants du bouddhisme tibétain, après la mort d'un bouddha vivant, son titre est transféré à un enfant-incarnation. Le 25 juin 1992, le gouvernement central a reconnu l'enfant-incarnation du XVIe bouddha vivant Garmaba. Les organismes concernés du gouvernement font chaque année l'aumône aux lamas, à l'occasion de la grande cérémonie de prières à Lhasa, et des activités traditionnelles, comme le tour de la grande montagne enneigée de l'année du cheval , le tour du lac sacré Namco en l'année de chèvre et le tour du rocher au monastère Razheng. Les liturgies religieuses dans les cérémonies de mariage et de funérailles sont entièrement respectées.

Au Tibet, grâce à l'application sérieuse de la politique de liberté de croyance religieuse, les différentes religions, les différentes sectes d'une même religion, les monastères et les temples, les croyants et les athées font preuve de respect mutuel et vivent en bonne intelligence. Par ailleurs, la Constitution chinoise stipule explicitement que nul ne peut se servir de la religion pour troubler l'ordre public, nuire à la santé physique des citoyens, entraver le fonctionnement du système d'enseignement de l'Etat et intervenir dans les affaires administratives et juridiques. Le gouvernement chinois punit conformément aux lois tous ceux qui, sous couvert de la religion, enfreignent la loi et commettent des délits. Si des bonzes et moines tibétains ont été punis en fonction des lois depuis des années, c'est qu'ils ont violé le Code pénal en participant à des émeutes, en sabotant et troublant l'ordre public, en se livrant à des bagarres, des destructions, des pillages, des incendies et des meurtres. Aucun fidèle n'a été arrêté ni condamné pour sa religion.

Des organsations bouddhistes et des personnalités des milieux religieux du Tibet procèdent à des échanges amicaux avec des groupes religieux et des personnalités des milieux religieux étrangers. Depuis la réforme et l'ouverture, la filiale du Tibet et des monastères du Tibet ont envoyé des délégations de fidèles à l'étranger pour des visites, des enquêtes et des échanges universitaires. Parallèlement le Tibet a reçu des groupes et des fidèles venus de plusieurs dizaines de pays et d'unités territoriales, en pèlerinage, pour des visites ou des enquêtes, soit plus de 10 000 personnes.

Depuis la libération pacifique du Tibet, de nombreuses célébrités des milieux religieux ont pris part aux affaires politique par la collaboration avec le PCC et le gouvernement, jouant ainsi un rôle positif dans le développement du pays et du Tibet et se valant le respect et la confiance du public et du gouvernement. Chef du bouddhisme tibétain à l'égard du Dalai Lama, le Xe Bainqen Erdini Qoigyi Gyaincain a persévéré, pendant des dizaines d'années, dans sa position patriotique. Il a apporté une contribution importante à la libération pacifique du Tibet, à la lutte contre la sécession, à la sauvegarde de l'unité de la patrie et au renforcement de l'union de toutes les communautés du pays. Après la fondation de la Chine nouvelle, le Bainqen Erdini a été vice-président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale et président honoraire de l'Association des bouddhistes de Chine. Il est décédé subitement en janvier 1989. Le gouvernement a décidé de construire au monastère Tashilhunpo (à Xigaze) le stûpa et le mausolée du Xe Bainqen Erdini Qoigyi Gyaincain, d'organiser des cérémonies religieuses selon les rites bouddhiques tibétains, de conserver son corps et de procéder à la recherche de l'enfant-incarnation du Xe Bainqen Erdini. Maintenant, les travaux de construction du stûpa et du mausolée touchent à leur fin, la recherche de l'enfant-incarnation du Xe Bainqen se poursuit sans à-coups sous la direction du bouddha vivant Qazha Qamba Chilai du monastère Trashilhunpo.

 

Ⅸ Développement de l'enseignement et de la culture

Dans l'ancien Tibet, l'éducation restait retardataire, il n'y avait aucune école moderne. Avant la libération pacifique, seuls 200 enfants d'ecclésiastiques et d'aristocrates allaient à l'école publique ou privée. Les serfs et les esclaves n'avaient pas droit à l'instruction.

En fonction de l'article sur le développement de la langue et de l'écriture tibétaines et de l'éducation stipulé dans l'"Accord en 17 points", l'école primaire et l'école secondaire de Lhasa ont été fondées en 1952 et en 1956, si bien que l'enseignement contemporain a pris racine au Tibet.

Afin de développer l'enseignement au Tibet, ces 40 dernières années, l'Etat a investi plus de 1,1 milliard de yuans, et on a mis en place des politiques préférentielle. On y pratique l'éducation gratuite: tous les frais d'études des élèves tibétains sont payés par le gouvernement, de l'école primaire jusqu'à l'université. A partir de 1985, certains élèves tibétains de l'école secondaire et de l'école primaire ont bénéficié de la gratuité de la nourriture, des vêtements et du logement. Le régime d'internat a été mis en place dans les écoles des zones agricoles et d'élevage. Toutes les écoles suivent le principe dit de "la priorité aux élèves des minorités ethniques". Quant au recrutement des élèves des écoles supérieures et professionnelles, les élèves tibétains et d'autres minorités ethniques ont des privilèges. Le gouvernement envisage de créer de nouvelles facultés (sections), ou même écoles où l'on enseigne la langue et l'écriture tibétaines, la médecine traditionnelle tibétaine, les arts tibétains et l'histoire tibétaine.

Depuis 40 ans, le Tibet a établi, selon ses conditions spécifiques, un système d'enseignement formé par l'éducation préscolaire, les enseignements primaire, secondaire, professionnel, supérieur, l'enseignement pour les adultes et le télé-enseignement. Les citadins et les ruraux jouissent tous du droit à l'instruction. en 1991, le Tibet possédait quatre établissements d'enseignement supérieur modernes (Université du Tibet, Institut des nationalités, Institut d'agronomie et de techniques d'élevage, et Institut de médecine traditionnelle tibétaine), des écoles normales, des écoles professionnelles d'agronomie et de techniques d'élevage, d'hygiène, de médecine traditionnelle tibétaine, de finances, de sports, d'arts, des P et T, soit un nombre de 15, ainsi que 63 écoles secondaires et 2 474 écoles primaires. Le nombre des élèves inscrits y était de 196 000, en majorité des élèves tibétains; celui des enseignants était de 16 000, dont les deux tiers étaient tibétains. La superficie construite d'écoles supérieures, secondaires et primaires est d'environ 1,5 million de m2; l'enseignement audio-visuel s'est généralisé dans les écoles. Depuis 40 ans, 18 000 étudians tibétains ont obtenu leur diplôme d'enseignement, 510 000 élèves ont fini leurs études primaires et secondaires, dont environ 40 000 élèves sont sortis de l'école professionnelle ou de l'école secondaire du deuxième cycle. 15 000 cadres d'Etat ont reçu une formation, 7 000 personnes ont obtenu les certificats attribués par les écoles professionnelles ou supérieures pour les autodidactes adultes. Le Tibet a formé un grand nombre de personnels bien qualifiées pour le développement de la région.

L'amélioration de l'enseignement et du niveau d'instruction de la population a créé les conditions nécessaires pour que les Tibétains profitent pleinement de l'autonomie régionale et que le Tibet se développe dans tous les domaines. Cependant, en raison de la base extrêmement faible de l'enseignement et de la faible densité de la population, les analphabètes et les presque illettrés représentent encore une proportion importante de la population tibétaine, bien que le pourcentage en ait chuté considérablement. Développer davantage l'enseignement est pour le Tibet une tâche difficile mais urgente.

Le Tibet a un riche patrimoine culturel comprenant la langue, l'écriture, la littérature, les arts, la philosophie, la religion, la médecine, l'astrologie, etc. Le gouvernement chinois a pris une série de mesures pour respecter, protéger et enrichir la culture traditionnelle tibétaine, de sorte que le patriomoine culturel tibétain se conserve et prospère.

La langue et l'écriture tibétaines sont d'usage courant dans toute la région du Tibet. En juillet 1987, l'Assemblée populaire de la région autonome a adopté les "Règlements sur l'étude, l'utilisation et le développement de la langue et de l'écriture tibétaines" (projet) qui stipulent explicitement que la langue tibétaine et la langue chinoise s'emploient toutes deux dans la région autonome, mais que la langue tibétaine est privilégiée. Actuellement, les résolutions, les règles et les lois adoptées par l'assemblée populaire régionale, les documents officiels et les avis publiés par les autorités locales sont à la fois en tibétain et en chinois. Les journaux, la radio et la télévision utilisent les deux langues. 70% des livres rédigés et édités par la région autonome sont en tibétain. Au Tibet, les utilisateurs de différentes langues sont égaux dans le recrutement des employés et des élèves, et dans la promotion des cadres, mais on donne la priorité aux utilisateurs de la langue et de l'écriture tibétaines. Dans les grandes réunions publiques, on emploie toujours la langue et l'écriture tibétaines. Les noms des unités de travail et des rues, les poteaux indicateurs et les noms des installations d'utilité publique sont tous en tibétain et en chinois. Dans les écoles de tous niveaux et de toutes sortes, le cours de tibétain est le cours le plus important pour les élèves.

Les coutumes et mœurs des Tibétains sont largement respectées. Au Tibet, dans les villes comme dans les zones agricoles et d'élevage, la plupart des Tibétains gardent leurs coutumes, leur cuisine et leurs maisons traditionnels. Tous les ans, les Tibétains célèbrent le Nouvel An du calendrier tibétain, la fête du Yaourt, le festival des lampes au beurre de yack, la fête de la Purification, la fête Ongkor; fête dite "aller dans les champs", la fête Damar et d'autres fêtes traditionnelles. L'Etat applique des politiques préférentielles à l'égard de la production des articles nécessaires pour les minorités ethniques.

Les monuments sont soigneusement préservés au Tibet. Le Potala, le monastère Jokhang et d'autres monastères et temples sont devenus des monuments historiques dont l'Etat ou la région autonome attachent la plus grande importance à la protection. A partir du milieu des années 70, on a procédé à des recherches archéologiques systématiques sur le plateau du Tibet, et on y a trouvé des dizaines de vestiges datant de l'âge néolithique. Les objets découverts, conservés par le bureau d'administration des pièces archéologiques du Tibet, fournissent des renseignements précieux sur la civilisattion primitive et la culture traditionnelle du Tibet.

On procède aussi, d'une façon complète et systématique, au recensement, au rassemblement, au classement, à la publication et à l'étude de tout ce qui concerne le patriomoine culturel tibétain. La Maison d'édition de livres anciens en tibétain du Tibet a recueilli plus de 200 livres anciens précieux en tibétain, et en a publié quelques-uns après révision. La maison d'édition du peuple tibétain a fait d'énormes efforts pour réviser et publier de célèbres ouvrages anciens et une collection de livres sur les archives historiques. A la fin de 1990, on avait publié ouvertement plus de 200 livres anciens en tibétain, soit plus d'un million d'exemplaires. C'est la première fois que des livres anciens en tibétain, enfermés ou oubliés autrefois, ont été publiés par un procédé typographique moderne.

Le rassemblement et le classement de la littérature, du théâtre, de la musique et des danses folkloriques des Tibétains ont obtenu des résultats remarquables. Une vingtaine d'œuvres littéraires populaires et d'ouvrages au sujet de la culture folklorique tibétaine ont été publiés. Le Gesar, la plus longue épopée chantée du monde, est répandue de longue date parmi les Tibétains par l'opéra et des contes. Le travail de sauvetage, de révision et d'étude de cette épopée figure parmi les entreprises de recherche les plus importantes de l'Etat dans le domaine des sciences sociales. A cette fin, a été créé un organisme spécial. Plus de 3 000 cassettes ont été enregistrées, et 62 tomes en tibétain compilés et publiés, soit trois millions d'exemplaires. L'ouvrage Théâtre chinois-Tibet de 600 000 caractères vient d'être rédigé, ce qui comble une lacune dans les recherches sur la théorie et l'histoire théâtrales du Tibet. Des collections de livres concernant les danses tibétaines, les ballades chantées folkloriques, la musique de l'opéra tibétain, la musique des ballades chantées, la musique instrumentale, les ballades chantées, les chansons, les contes populaires et les proverbes sont en rédaction; le ramassage des matériaux et de ces livres se poursuit.

La tibétologie est une science multidisciplinaire portant sur l'histoire, la religion, la culture, l'économie, la politique et la société du Tibet. Le Tibet et d'autres régions ont créé successivement une cinquantaine d'orgnismes de recherches tibétologiques, et fondé en 1986 le Centre de recherches tibétologiques de Chine à Beijing. Ces établissements assument bon nombre de recherches, par exemple la stratégie du développement économique et social du Tibet, un précis d'histoire générale du Tibet, le classement et l'étude des ouvrages bouddhiques écrits en sanscrit sur les feuilles de borasse éventail, les recherches sur l'origine des religions et les différentes sectes religieuses du Tibet. Une trentaine de périodiques en tibétain, en chinois et en anglais ont été fondés, entre autre, Etude du Tibet, Bouddhisme du Tibet, Recherches sur le développement social du Tibet, Recherches sur les arts tibétains, Culture du pays enneigé, Tibétologie en Chine, et Tibet, Chine. Depuis les années 80, dans le cadre des échanges scientifiques internationaux, 130 savants d'une dizaine de pays et des Tibétains résidant à l'étranger sont venus au Tibet pour des visites, des enquêtes scientifiques et des négociations sur la coopération scientifique. Invités par certaines organisations étrangères, des experts et savants tibétains sont allés à l'étranger faire des visites, donner des conférences et participer à des colloques.

Aujourd'hui, les artis culturels traditionnels du Tibet se tournent vers le public, au lieu d'être seulement à la portée des privilégies comme dans le passé. La vie culturelle des Tibétains s'enrichit sans cesse. La région autonome compte 10 groupes artistiques professionnels, y compris des groupes de chants, de danses et d'opéra du Tibet, 20 groupes artistiques de districts et 350 groupes artistiques d'amateurs. On y compte six palais d'arts modernes polyvalents et 25 maisons de la culture de district. Au Tibet, il y a 5 000 professionnels de la littérature et de l'art, dont 90% sont tibétains. Ils ont créé de nombreuses œuvres littéraires et artistiques typiquement tibétaines et moderne, dont certaines ont remporté des prix internationaux. Ces dix dernières années, 14 groupes artistiques tibétains, soit 300 artistes, ont donné des représentations à l'étranger, invités par des organisations artistiques étrangères. A l'occasion des fêtes traditionnelles tibétaines, les activités culturelles sont très riches. A la fête Xodoin qui a lieu une fois par an, les Tibétains ne se contentent plus de représentations d'opéra du Tibet, mais font de la fête un grand festival artistique, au cours duquel se déroulent des activités culturelles et artistiques variées. Parallèlement, les activités sportives de tradition tibétaine se développent largement. Depuis les années 80, on a organisé une dizaine de sports traditionnels tibétains, et on les a fait entrer dans des compétitions officielles. Lors des Jeux nationaux des minorités ethniques, les sportifs tibétains ont arraché des médailles dans les épreuves de ces sports. A l'occasion des fêtes traditionnelles, des représentations et des compétitions sportives traditionnelles se tiennent dans tous les coins de la région. Le niveau des compétitions sportives du Tibet ne cesse de s'améliorer, en particulier, l'alpinisme a connu des succès remarquables.

Alors que les activités culturelles traditionnelles se développent vigoureusement, des installations culturelles modernes ont été introduites au Tibet. Actuellement, la région autonome dispose de 137 stations de télévision, stations de retransmission de téléfilm et relais de télévision, de 297 stations terrestres de satellites, de 20 stations de radiodiffusion avec des postes de retransmission et d'émission, et de 74 stations de radiodiffusion à fil à l'échelon du district. Un réseau de radiodiffusion et de télédiffusion, qui couvre toute la région autonome et combine la retransmission par satellite, la retransmission sans fil et la retransmission à fil, a été mis en place. Au Tibet, on compte 82 organismes de distribution de films, 553 unités de projection de films. On distribue environ 200 nouveaux films par an, les gens des zones agricoles et d'élevage voient les films gratuitement. Des installations de divertissement modernes apparaissent aussi au Tibet, les activités culturelles traditionnelles et contemporaines coexistent et prospèrent côte à côte.

 

Ⅹ Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet

L'ancien Tibet, où prévalait le système de servage féodal, ne possédait que trois établissements médicaux, équipés de moyens fort rudimentaires, gérés par les autorités locales et pratiquant la médecine traditionnelle tibétaine, un petit nombre de cliniques privées et une centaine de travailleurs médicaux et sanitaires. Même en comptant les praticiens de médecine tibétaine non-inscripts, les travailleurs médicaux et sanitaires n'étaient que 400 et quelques, soit moins de 0,4 pour mille habitants. Les services et le personnel médicaux servaient seulement les aristocrates et les fonctionnaires locaux du Tibet, les serfs et esclaves ne pouvaient pas recevoir de soins médicaux lorsqu'ils étaient malades. Des maladies infectieuses souvent mortelles comme la variole et la peste bubonique y étaient donc endémiques. Selon les livres d'histoire, au cours des 150 années avant la libération pacifique du Tibet, il éclata à quatre reprises des épidémies de variole, qui, rien que dans la région de Lhasa, tua 7 000 habitants en 1925. Dans la même région, 5 000 habitants moururent de la typhoïde qui sévit en 1934 et en 1937. Par ailleurs, en cas d'épidémie, les autorités locales du Tibet chassaient les malades dans des vallées désertes et envoyaient des soldats bloquer ces régions où on les laissait mourrir, au lieu de les soigner. Les documents historiques montrent que dans l'ancien Tibet, l'espérance de vie n'était que de 36 ans et la population du Tibet est demeurée stagnante pendant une longue période.

L'élimination des maladies infectieuses a été, après la libération pacifique de la région, la tâche prioritaire pour les services médicaux et sanitaires du Tibet. Grâce à la mise en œuvre de la politique du gouvernement chinois consistant à concentrer les efforts sur la prophylaxie, on n'a découvert aucun cas de variole au Tibet depuis le début des années 60, la morbidité des maladies infectieuses et des maladies endémiques a baissé dans de fortes proportions et certaines maladies graves ont été éliminées ou contrôlées. Pour protéger la santé des enfants tibétains, on a généralisé depuis 1986 la vaccination parmi les enfants et le taux de vaccinés se situe actuellement au-dessus de 85%.

Après la réforme démocratique, on a progressivement établi un réseau de services médicaux et sanitaires couvrant toutes les villes et campagnes du Tibet. En 1991, il y avait 1 197 établissements médicaux et sanitaires, soit 400 fois plus qu'en 1951; le nombre de lits d'hôpitaux qui était de zéro en 1951 est passé à 5 397; le personnel médical et sanitaire comptait 9 740 membres, soit 97 fois plus qu'en 1951; on y trouvait 7 749 techniciens sanitaires, dont 80% de Tibétains. 88% des habitants du Tibet habitent dans des régions agricoles et d'élevage, où l'on comptait l'année dernière 850 établissements médicaux et sanitaires équipés de 2 300 lits et employant 3 700 personnes. En outre, on y trouvait également 3 500 médecins et agents sanitaires ruraux. On compte au Tibet 2,3 lits et 2,1 médecins pour mille habitants, chiffres supérieurs à la moyenne nationale et même à celle des pays à revenus moyens.

La médecine et la pharmacopée traditionnelles tibétaines ont été conservées et développées. Les autorités locales ont fait construire le service d'hospitalisation de l'hôpital de médecine tibétaine de la région autonome du Tibet et cinq hôpitaux régionaux au coût de 20 millions de yuans. En 1991, on comptait au Tibet 1 015 praticiens de médecine tibétaine. pour promouvoir le développement de la médecine traditionnelle tibétaine, on a créé la faculté de médecine tibétaine de l'Université du Tibet et l'Institut de recherche sur la médecine traditionnelle tibétaine. On a également encouragé les célèbres médecins locaux à composer des ouvrages exposant leurs doctrines et, avec l'aide d'experts pharmaceutiques âgés, à faire le bilan de leur expérience précieuse. Par ailleurs, on a publié l'ouvrage très connu - Le Code de la médecine tibétaine en quatre volumes et rédigé et publié des dizaines d'autres ouvrages et manuels d'enseignement concernant la médecine tibétaine comme les Cartes murales complètes du Code de la médecine tibétaine en quatre volumes, l'Encyclopédie de la science médicale-Médecine tibétaine, la Psychologie, la Pathologie, la Pharmacologie, la Diététique et la Médecine tibétaine (nouvelle édition). La production de médicaments libétains s'est développée rapidement, et trois laboratoires pharmaceutiques ont été construits dans la région.

Les établissements de recherche sur la médecine tibétaine ont mis l'accent sur l'étude des maladies comme le mal du plateau et ont remporté de grands succès en la matière. Les travailleurs médicaux du Tibet figurent parmi les premiers dans les domaines des soins d'urgence accordés aux malades atteints de l'œdème du poumon du plateau, de la syncope du plateau et du mal du plateau chronique et du traitement de ces maladies.

Pour former des travailleurs médecaux et sanitaires, on a ouvert une section médicale à l'Institut de minorités ethniques du Tibet et créé l'école professionnelle de médecine de la région autonome du Tibet et des écoles du même genre à Xigaze et à Qamdo.Ces établissements d'enseignement ont déjà formé plus de 6 000 travailleurs médicaux et sanitaires hautement et moyennement qualifiés. Depuis 1980, les instituts médicales et sanitaires du Tibet ont fait suivre une formation continue à plus de 5 000 travailleurs en activité pour élever leur niveau de qualification et le niveau de gestion.

Grâce à la politique spéciale du gouvernement, selon laquelle tous les Tibétains bénéficient des soins médicaux gratuits, les conditions médicales et sanitaires et l'état de santé des habitants de la région ont été fortement améliorés. Leur espérance de vie est passée de 36 ans avant la fondation de la Chine nouvelle à 65 ans. Par rapport à 1965, la taille des adolescents tibétains de la région de Lhasa avait augmenté en moyenne de 8,8 cm en 1985, et leur poids de 5,2 kg.

Appliquant une politique spéciale en matière de planning familial au Tibet, le gouvernement ne demande pas aux paysans et éleveurs de la région qui représentent 88% des habitants du Tibet de pratiquer le planning familial et se contente de leur expliquer la nécessité du planning familial et de l'eugénisme. Le Tibet couvre une vaste superficie, mais les terres cultivables y sont peu nombreuses. En 1991, la superficie cultivée par habitant y était tombée à 1,54 mu. Devant cette situation préoccupante et la croissance rapide de la population, les autorités locales exercent un contrôle sur la croissance de la population en encourageant depuis 1984 les cadres, employés et ouvriers tibétains et les habitants des villes à avoir au maximum deux enfants par couple. Quant aux cadres, employés et ouvriers han, ils sont encouragés à n'avoir qu'un seul enfant par couple. Actuellement, 12% de la population tibétaine pratique volontairement le planning familial. En ce domaine, la Chine pratique invariablement le principe consistant à "mettre l'accent sur la propagande, le consentement volontaire" et interdit les avortements contraints.

Ces 40 dernières années, la population tibétaine a connu une croissance fort rapide. De 1950 à 1991, la population tibétaine a augmenté de 1 196 000 habitants et les Tibétains sont passés de 1 à plus de 2 millions. Avant la libération pacifique du Tibet en 1951, les autorités locales du Tibet ne possédaient pas de documents démographiques précis. Lors du premier recensement nationale en 1953, les autorités locales du Tibet dirigées par le Dalai Lama ont déclaré au gouvernement central que la population du Tibet était de 1 million de personnes. Le deuxième recensement national en 1964 a montré qu'elle était de 1,251 million de personnes, dont 1,209 million de Tibétains, soit 96,63% de la population de la région. Lors des troisième et quatrième recensements nationaux en 1982 et 1990, elle était respectivement de 1,892 million et de 2,196 millions d'habitants, 1,786 million de Tibétains et 2,096 millions de Tibétains, soit respectivement 94,4% et 95,46% de la population du Tibet. Les Han et les autres minorités ethniques habitant au Tibet ne représentent toujours que 5% de la population. Depuis 1970, le taux de natalité et celui d'accroissement naturel au Tibet sont tous deux supérieurs à la moyenne nationale. De 1982 à 1990, la population tibétaine a augmenté de 309 800 personnes et le taux d'accroissement naturel a été de 17,34‰, soit 2,64 ‰ de plus que la moyenne nationale à la même période. C'est précisément grâce à l'abolition du système de servage féodal, au développement économique et à l'amélioration du niveau de vie et des conditions médicales et sanitaires que le taux de natalité et celui d'accroissement naturel s'élèvent rapidement dans une région si pauvre.

Sur la question de la population du Tibet, la clique du Dalai Lama a répandu beaucoup de mensonges. Selon une des rumeurs les plus effrayantes, après la libération pacifique du Tibet, 1,2 million de Tibétains auraient été tués. Selon le gouvernement local du Dalai Lama, la population du Tibet n'avait que de 1 million d'habitants en 1953. Si 1,2 million de Tibétains avaient été tués après la libératiion, il n'y aurait plus de Tibétains et la population tibétaine n'aurait pu atteindre les 2 millions.

La clique du Dalai Lama affirme aussi que le Tibet devrait avoir sous sa juridiction les circonscriptions habitées de Tibétains du Sichuan et du Qinghai et d'autres zones habitées par des Tibétains, soit 6 millions de personnes. Ce soi-disant Grand Tibet n'est qu'une intrigue menée par les impérialistes dans l'intention de partager la Chine. Au terme d'une longue histoire, en plus du Tibet, il y a aussi des circonscriptions peuplées de Tibétains au Sichuan, au Qinghai, au Gansu et au Yunnan. Pourtant, ces circonscriptions n'ont jamais été administrées par le Tibet, et l'ancien gouvernement local tibétain n'a jamais administré non plus les régions peuplées de Tibétains hors du Tibet. A partir du XIIIe siècle, le gouvernement central de la dynastie des Yuan et de la dynastie des Ming a administré séparément le Tibet et les autres régions peuplées de Tibétains. Sous la dynastie des Qing, le pouvoir central a clarifié encore plus la division administrative des régions peuplées de Tibétains. A l'époque de la République de Chine, les régions peuplées de Tibétains autres que le Tibet ont toujours été administrées par les provinces auxquelles elles appartenaient auparavant. Après la fondation de la République populaire de Chine, le gouvernement central a gardé en général l'ancienne division administrative, et a autorisé la création de 10 départements autonomes tibétains et 2 districts autonomes tibétains dans les régions peuplées de Tibétains des 4 provinces du Sichuan, du Qinghai, du Gansu et du Yunnan. Les Tibétains du Tibet et de ces régions autonomes ne sont pas 6 millions. Selon le recensement national de 1953, le nombre des Tibétains, y compris ceux du Tibet, était de 2,77 millions; lors du recensement de 1990, on comptait 4,59 millions de Tibétains dans toute la Chine. Comme au Tibet, le nombre des Tibétains des autres régions s'est également bien accru.

Selon une autre rumeur fort démagogique, on aurait installé un grand nombre de Han au Tibet pour que les Tibétains y deviennent une minorité ethnique. Au Tibet, les conditions naturelles sont rudes, il fait très froid, l'oxygène est insuffisant et on trouve partout de hautes montagnes, des déserts et des zones perpétuellement glacées. Par ailleurs, le mode de vie y est totalement différent de celui des autres régions du pays, les gens venus des autres régions du pays ont du mal à s'habituer au mode de vie du Tibet. Le Tibet n'est pas semblable à l'ouest des Etats-Unis d'Amérique d'autrefois qui pouvait être mis en valeur par une immigration massive. Les chiffres recueillis lors des recensements ont démenti entièrement la rumeur selon laquelle il y aurait au Tibet plus de Han que de Tibétains.

 

Ⅺ Protection de l'environnement

Parallèlement au développement de l'économie, le gouvernement populaire accorde également une grande attention, au Tibet, à la protection de l'environnement. Les autorités locales de la région autonome du Tibet mettent consciencieusement en œuvre les mesures décrétées par l'Etat pour la protection de l'environnement; on s'attache à planifier et développer en même temps l'économie, la construction urbaine et rurale et la protection de l'environnemnt; on met l'accent sur la prévention, on fait réparer les dommages causés à l'environnement par ceux qui l'ont pollué, et on améliore la gestion de l'environnement. Conformément à la réalité du Tibet, le Comité permanent de l'Assemblée populaire et les autorités populaires de la région autonome du Tibet ont promulgué une série de lois locales et de règlements administratifs sur la protection de l'environnement et des ressources naturelles, comme les "Règlements sur la protection des forêts de la région autonome du Tibet", les "Règlements provisoires sur la gestion des pâturages de la région autonome du Tibet", et les "Règlements sur la protection des ressources aquatiques des autorités populaires de la région autonome du Tibet", ainsi que 20 lois et règlements sur la protection des animaux sauvages. En 1975, les autorités de la région autonome ont créé un organisme de protection de l'environnement afin de renforcer la supervision de la protection de l'environnement dans toute la région autonome du Tibet. En 1990, le Comité de protection de l'environnement de la région autonome du Tibet a été créé pour diriger le travail de protection de l'environnement dans toute la région.

L'aménagement de l'environnement écologique du Tibet a obtenu d'excellents résultats. Dans la région autonome, on a construit plus de 13 000 canaux d'irrigation grands et petits, 5 200 réservoirs et étangs, avec une capacité d'ensemble de 270 000 000 m3; on a érigé des digues de protection contre les inondations en 18 endroits, en tout 250 km. Au cours des dernières années, on s'est attaché à utiliser rationnellement les engrais chimiques et les insecticides; on a enclos les prés et les a irrigués afin de les protéger; sur les zones inondables des cours d'eau, on a planté des arbres et de l'herbe; on pratique la rotation des pâturages par saison et interdit le surpâturage. A la fin de 1990, la superficie de prés enclos de la région autonome était de 504 000 hectares, la superficie d'ensemble de prés irrigués de 161 000 hectares, celle des prairies d'où l'on avait éliminé les rats, les insectes et les mauvaises herbes de 1 187 000 hectares. L'environnement écologique de la région autonome s'est bien amélioré.


Par ailleurs, dans toute la région autonome, on s'attache à planter des arbres et à proteger la forêt contre les incendies et l'abattage abusif. Depuis le début des années 60, on a planté plus de 70 millions d'arbres, et 140 000 hectares de montagnes par an ont été reboisés. Actuellement au Tibet, la superficie de forêts est de 6 320 000 hectares, dont 22 000 ha de forêts artificielles. La couverture forestière augmente d'année en année, et la croissance du bois dépasse la consommation. 7 réserves naturelles ont été créées et 5 autres sont en cours de mise en place, soit une superficie totale de 325 300 km2 (26,5% de la superficie de la région autonome). Des animaux et plantes sauvages à la fois précieux et rares ont été ainsi protégés.

Les autorités locales du Tibet s'efforcent de développer, en fonction des conditions locales, la construction de centrales hydrauliques, et de promouvoir l'utilisation des énergies géothermique, solaire et éolienne. Dans la région autonome, on a construit 424 centrales hydrauliques (puissance installée de 109 700 kW), 2 centrales géothermiques. Dans la région autonome, on a installé 17 750 fours à énergie solaire, 105 000 m2 de maisons solaires et 19 000 m2 de chauffe-eau à énergie solaire. On a mis en place également plus de 700 génératrices éoliennes. L'utilisation de ces énergies non polluantes a énormément contribué à la protection de l'environnement.

La gestion de l'environnement a également été améliorée. On analyse l'impact possible des projets sur l'environnement et l'on met au point, construit et utilise des installations anti-pollution dans tous les ouvrages; on supprime les anciennes sources de pollution. Le taux de traitement des rejets gazeux industriels est de 80%. On a procédé à des enquêtes sur les sources de pollution industrielle au Tibet, sur la situation des sols, sur le niveau de radioactivité naturelle de l'environnement du Tibet, sur les ressources en plantes et animaux sauvages du Tibet, ce qui a fourni des bases scientifiques pour la protection de l'environnement, l'utilisation rationnelle des ressources naturelles et le développement économique du Tibet. Dans la construction urbaine et rurale, on s'efforce de planifier et de disposer rationnellement, et de bien construire les installations anxiliaires. Les infrastructures de base se sont développées; à Lhasa, le taux de couverture forestière est de 17,6% et la superficie de verdure par habitant de 12 m2. Afin de vérifier constamment la qualité de l'environnement de la région autonome, on a établi à Lhasa une station de contrôle de l'environnement, et d'autres stations sont en construction à Xigaze et à Qamdo.

Selon ces stations de contrôle, l'environnement du Tibet est en bon état actuellement. L'atmosphère et l'eau n'ont guère été polluées. Il n'y a pas eu de pluies acides; le taux journalier moyen par an de particules contenues dans l'atmosphère urbaine est de 340 mg/m3, ce qui est meilleur que la norme fixée par l'Etat. A l'exception de quelques sections des rivières dont l'eau est légèrement polluée, la qualité de l'eau des rivières et lacs de la région autonome est bonne; la radioactivité de l'environnement est au plus bas niveau, et il n'existe pas de pollution radioactive; la clique du Dalai Lama a diffusé partout de fausses rumeurs, selon lesquelles la Chine déposerait ses déchets nucléaires au Tibet, qui sont en fait inventées de toutes pièces.

Il est naturel que certains domaines de l'environnement du Tibet ne soient pas tout à fait satisfaisants. Par exemple, la qualité des herbages est en basse, et l'habitat de certains animaux rares et précieux se réduit. Pour y remédier, les autorités locales de la région autonome du Tibet ont amélioré la gestion et l'éducation, et on sanctionne sévèrement ceux qui commettent des actes nuisibles à l'environnement, ce qui fait que la population de certains animaux en voie de disparition, comme la grue à cou noir, l'antilope et le tigre, a augmenté.

 

Ⅻ Assistance spéciale accordée au Tibet

Au Tibet, "toit du monde", les conditions naturelles sont très mauvaises. L'altitude moyenne de la région est de plus de 4 000 m, l'air raréfié, la température basse et l'oxygène insuffisant; la pression atmosphérique et la teneur en oxygène représente, toutes les deux, moins des deux tiers de celles des régions de plaine et le nombre de jours où la température est de 10o C ou plus est de moins de la moitié de celui du Heilongjiang, la province la plus septentrionale de la Chine. Les terres cultivables n'y représentent que 0,2 à 0,3%. Le climat du plateau et les conditions géographiques constituent un grave obstacle au développement des divers secteurs économiques. Pour remédier radicalement à la situation du Tibet et promouvoir la prospérité commune de tous ses habitants, le gouvernement central et les habitants des autres régions du pays accordent au Tibet une assistance considérable et spéciale dans les domaines des ressources humaines, matérielles et financières, comme des techniques. Le gouvernement central a également élaboré des politiques préférentielles favorables au développement du Tibet.

Ces 40 dernières années, l'Etat a accordé au Tibet 15,7 milliards de yuans de subventions financières et investi 4,27 milliards de yuans dans la réalisation des projets clés, soit près de 20 milliards de yuans au total, sans prélever un sou sur les revenus financiers du Tibet. Par ailleurs, les ministères et commissions du Conseil des affaires d'Etat donnent, eux aussi, des subventions spéciales pour soutenir le développement de divers secteurs économiques du Tibet. Rien que dans la période de 1979 à 1986, les subventions spéciales ont été de 5,9 milliards de yuans. Rien que l'année dernière, les investissements destinés au Tibet ont été de 1,7 milliard de yuans. Actuellement, l'Etat accorde au Tibet 1 milliard de yuans de subventions par an, soit le montant par personne le plus élevé de toutes les provinces, régions autonomes et municipalités relevant directement de l'autorité centrale. De gros investissements ont permis à l'agriculture, à l'élevage et aux secteurs de base de la région comme l'énergie, les transports, les télécommunications ainsi qu'aux secteurs de l'éducation et de la culture de remédier pour l'essentiel à leur retard, ce qui prépare le terrain pour le développement rapide de l'économie et de la culture du Tibet.Pour répondre aux besoins de la population tibétaine en moyens de production et d'existence, l'Etat fait transporter, chaque année, malgré les grandes difficultés que cela représente, une grande quantité de matériaux au Tibet. De 1959 à 1991, 1,388 million de tonnes de céréales, 2,816 millions de pétrole raffiné et des produits industriels d'une valeur de 4,58 milliards de yuans ont été transportés au Tibet, soit 10 millions de tonnes.

Pour soutenir énergiquement le développement économique et culturel du Tibet, les travailleurs envoyés par le gouvernement central et les autorités locales des autres régions ont construit, sur le plateau dont l'altitude atteint 5 000-6 000 m, les routes principales Sichuan-Tibet et Qinghai-Tibet, l'oléoduc Golmud-Lhasa et la centrale géothermique de Yangbajain. Sur l'initiative du gouvernement central, à partir de février 1984, neuf provinces et municipalités ont envoyé des travailleurs et fourni des matériaux pour réaliser au Tibet, en un an et quelques mois, 43 projets concernant l'énergie, les transports, les matériaux de construction, le commerce, la culture, les sports, l'éducation, la santé publique, le tourisme et l'urbanisme. La surface bâtie des ces ouvrages est de 236 000 m2, les investissements de 480 millions de yuans et, 200 000 tonnes de ciment, d'acier et d'autres matériaux de construction ont été utilisées.

Pour résoudre les problèmes dus au manque de travailleurs scientifiques et techniques, les services compétents de l'Etat et les autres régions du pays ont envoyé au Tibet un grand nombre de scientifiques, ingénieurs, technciens, gestionnaires, professeurs et médecins. En ce qui concerne la réalisation des projets clés du Tibet, on y envoie des spécialistes, des savants et du personnel technique enquêter, étudier, préparer les programmes, concevoir ainsi que diriger l'exécution des travaux. De 1973 à 1991, des équipes médicales composées de plus de 3 000 personnes de 10 provinces et munipalités du pays ont été envoyées au Tibet pour apprendre au personnel médical tibétain des techniques thérapeutiques et soigner les malades dans des usines, des régions agricoles et d'élevage. Les instituts de médecine de diverses régions du pays s'emploient à former du personnel médical pour le Tibet, 70% des travailleurs médicaux tibétains y ont fait leurs études ou y ont suivi des stages, et leur niveau de qualification s'est sensiblement élevé. De 1974 à 1988, 2 969 professeurs sont allés travailler au Tibet. Dans beaucoup de provinces, municipalités et instituts, on forme des professeurs et du personnel administratif pour diverses écoles du Tibet. Chaque année, l'Etat envoie au Tibet des étudiants sortant des deuxième et troisième cycles des écoles normales supérieures. En 1985, on a commencé à ouvrir, dans 21 provinces et municipalités, des écoles secondaires et des classes spéciales pour les élèves tibétains, les frais de nourriture, d'habillement, de logement et d'études de ceux-ci sont à la charge de l'Etat. En 1990, 7 600 élèves étaient inscrits dans ces écoles.

Tous les travailleurs du reste du pays qui se rendent au Tibet, ont le mal de l'altitude et beaucoup de difficultés pour s'adapter aux coutumes de vie de la région, mais ils répondent activement à l'appel du gouvernement pour apporter de l'aide aux habitants du Tibet et acceptent d'y être mutés. Conscient des difficultés épreuvées par ceux-ci, le gouvernement stipule que les travailleurs peuvent aller au Tibet par rotation.

Par ailleurs, le gouvernement central a formulé, à l'intention du Tibet, une série de politiques et mesures plus préférentielles et plus souples que celles destinées aux autres régions du pays, afin de dynamiser l'économie régionale du Tibet et d'accélérer le développement économique de la région. Depuis 1980, on pratique dans les régions agricoles et d'élevage la polyculture axée sur l'exploitation familiale paysanne et pastorale, basée sur les principes consistant à "donner le droit d'utilisation des terres, à distribuer les bêtes aux familles, à ce que les paysans et éleveurs aient le droit de choisir ce qu'ils cultivent et élèvent et on promet que les politiques concernées resteront inchangées pendant une longue période". Les prix des produits agricoles et d'élevage dépendent de la demande du marché. Les paysans et éleveurs sont exemptés d'impôts sur l'agriculture et l'élevage. Les entreprises collectives et les travailleurs à leur propre compte, qui produisent des objets de première nécessité pour les minorités ethniques sont exemptés d'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux. Les paysans et éleveurs qui vendent ou échangent sur le marché des produits agricoles, d'élevage et d'appoint et des objets artisanaux ne paient pas d'impôt. Dans le domaine du commerce extérieur, le Tibet bénéficie de politiques plus préférentielles que celles prévues pour les autres régions du pays, toutes les recettes en devises en provenance de ses exportations sont à sa disposition et il est autorisé à vendre à d'autres régions du pays des marchandises importées ordinaires.

L'année dernière, le Tibet a commencé à exécuter son VIIIe plan quinquennal et son programme décennal. L'Etat continue à aider vigoureusement le Tibet à promouvoir son développement économique et culturel et à atteindre l'objectif fixé, un niveau de moyenne aisance pour la plupart des Tibétains d'ici la fin du siècle. Selon le programme de développement du Tibet, l'Etat va investir dans les domaines importants suivants:

- A partir de 1991, 1 milliard de yuans dans l'aménagement de zones de protection de grains et de denrées alimentaires, de zones de production d'industries légères et textiles et d'artisanat, de centres de traitement des denrées alimentaires et des centres modèles de développement scientifique et technique dans la zone située entre le Yarlung Zangbo, la rivière de Lhasa et le bassin moyen du fleur Nyang Qu.

- 800 millions de yuans dans la construction de la centrale hydro-électrique près du lac Yamzhog Yumco. En 1997, la centrale pourra satisfaire les besoins en électricité de Lhasa et de ses environs.

- 1 million et quelques centaines de millions de yuans dans l'aménagement et la reconstruction des quatre routes principales Qinghai-Tibet, Sichuan-Tibet, Ngaqu-Qamdo et Chine-Népal pour assurer les transports - secteur vital de l'économie du Tibet. Les travaux ont commencé en 1991.

- La reconstruction de l'aéroport de Gonggar à Lhasa. La nouvelle piste, qui a été mise en service en septembre 1991, est capable de recevoir de grands avions de ligne comme les Boeing 747.

- La construction du centre des postes et télécommunications de Lhasa, l'installation de commutateurs téléphoniques à programme contrôlé d'une capacité de 11 000 appareils et la construction dans 47 districts de 54 stations terrestres de satellites artificiels et d'ouvrages auxiliaires.

La réalité du Tibet montre pleinement que les Tibétains, qui ont brisé le joug du servage féodal, ont obtenu des droits de l'homme étendus, sans précédent dans l'histoire. Pourtant, les droits de l'homme au Tibet sont encore incomplets et limités par les mauvaises conditions économiques, culturelles et géographiques. Des efforts ardus et inlassables doivent être faits pour améliorer la situation des droits de l'homme de la région. Cela est vraiment la tâche que le gouvernement et le peuple chinois sont en train d'accomplir. De toute façon, il y a une différence frappante entre la situation actuelle des droits de l'homme et l'ancienne. La clique du Dalai Lama et les forces internationales anti-chinoises qui se posent en "défenseurs des droits de l'homme" ne condamnent jamais les propriétaires de serfs qui privaient cruellement, dans le passé, le peuple tibétain de tous ses droits de l'homme, mais ils répandent partout que le peuple tibétain qui est devenu le maître de l'Etat après la libération a perdu ses droits de l'homme, même si ces rumeurs ont été démenties l'une après l'autre. ces gens-là ont pour but de semer la confusion et de provoquer des troubles pour diviser la Chine, s'approprier le Tibet et, enfin, renverser la Chine socialiste. C'est ce qui est au cœur de la soi-disant question des droits de l'homme au Tibet.

Tous ces complots pour diviser la Chine ne sauraient aboutir. Des relations étroites unissent depuis plusieurs milliers d'années les Tibétains et les autres Chinois de toutes appartenances ethniques, et depuis sept siècle, le Tibet et les autres régions de la Chine forment un pays unifié. Ce n'est pas par hasard qu'au cours d'une période si longue le Tibet ne s'est pas séparé des autres régions du pays et que leurs relations sont devenues de plus en plus étroites. La raison fondamentale en est que l'union des Tibétains, des Han et des autres communautés ethniques de la Chine garantit leur prospérité tandis que leur division leur apporte le malheur. L'union du Tibet et des autres régions du pays est l'effet nécessaire d'une longue évolution historique. Les Han et les autres communautés ethniques de la Chine, dont bien sûr les Tibétains, ne sauraient donc rester indifférents à ceux qui tentent de séparer le Tibet de la Chine.

 
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